« Ceci est l’histoire de Kay Bartholdi.Kay est ma voisine, mon amie. Kay est plus que ça encore… Un jour, Kay est entrée dans mon restaurant.Elle a posé une grosse liasse de lettres sur la table. Elle m’a dit : tu en fais ce que tu veux… Je ne veux plus les garder. Je ne les ai pas lues tout de suite, mais dès que j’ai commencé, je n’ai pas pu m’arrêter…Pourtant…Pourtant, je connaissais son histoire… L’histoire d’un amour haut comme une cathédrale, violent comme une bordée de pirates, avec des chants, des confessions, de l’encens, des abordages, des orages, des prises d’otages. Beaucoup de ferveur. Beaucoup de souffrance aussi. On l’oublie trop maintenant. La souffrance peut être magnifique. Magnifique. »


Entre Fécamp et d’autres villes de France…

Kay est une libraire à Fécamp : elle possède des habitudes et ses habitués, dans cette petite ville. Son quotidien bien huilé bascule quand un certain Jonathan Shields entre dans sa vie. Ecrivain américain, il gambade sur les routes de France afin de rédiger un guide touristique avec les bonnes adresses du pays. Il décide de faire de la librairie de Kay, sa librairie « d’attache », et correspond avec elle au travers de lettres : progressivement le ton professionnel se fait plus glissant, plus personnel et les deux personnages essaient de faire tomber le masque de son correspondant respectif.

Une leçon sur l’amour

Un homme à distance c’est avant tout une histoire d’amour, si puissante et destructrice à la fois qu’elle emporte tout sur son passage. C’est une histoire de faux-semblants également, où le mensonge est tapie à chaque recoin de notre lecture et où la vérité ne peut que nous exploser au visage et nous tordre le coeur. Kay et Jonathan jouent un jeu dangereux : se tournent autour, se taquinent, se chiffonnent et se blessent, mais quelque chose les retient ensemble, ils n’arrivent pas à se détacher l’un de l’autre. Entre deux discussions littéraires, le sujet glisse parfois, et ils s’aventurent à se replonger dans leur passé, à affronter leurs démons et à les murmurer, à demi-mots entre les lignes de leurs lettres.

Une correspondance entêtante

Katherine Pancol manie les mots avec une facilité déconcertante et nous amène à ressentir une palette d’émotions : joie, tristesse, déchirement et colère… Le lecteur a du mal à sortir indemne de sa lecture. Pourtant, l’auteure met une telle poésie dans ce récit, que cela adoucit un peu son caractère tragique.

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