« Dans un monde médiéval, deux pays s’affrontent depuis des siècles : un immense empire, Nikara, et une petite île, Mugen. Jeune orpheline, Rin décide de tout faire pour échapper au mariage qu’ont arrangé ses parents adoptifs. Aidée d’un bibliothécaire qui s’est pris d’affection pour elle, elle se met à étudier en vue du concours Jeju, qui donne aux enfants les plus brillants du pays accès à l’académie militaire de Sinegard, chargée de former les futures élites de l’empire. Après sa formation, sous l’égide d’un vieux maître fantasque et mystérieux, qui va peu à peu l’éveiller aux pouvoirs chamaniques qui sont les siens, la guerre larvée éclate de nouveau, sous les coups de boutoir de Mugen. L’académie est dissoute et ses membres affectés à l’une des douze divisions des Douze Provinces qui composent l’empire. Rin rejoint les sicaires de l’impératrice. Sous le commandement d’Altan, elle va devoir apprendre à maîtriser la force que lui prêtent les dieux pour tenter de venir à bout de Mugen. »


Cette histoire est dingue et change vraiment de ce qu’on peut voir d’habitude. Attention toutefois, il y a beaucoup de scènes qui pourraient heurter la sensibilité des lecteurs, je recense les éléments principaux précisés par l’autrice : mutilation, viol, torture. Ne vous attendez pas à de grandes histoires d’amitié, à de la romance ou à des actes héroïques en série. On se retrouve ici dans le réalisme le plus total d’un monde en guerre, où les inégalités sociales sont omniprésentes. Rin est une des figures les plus en marge de cette société : elle est orpheline, paysanne, est discriminée pour sa couleur de peau plus foncée, est pauvre et est une femme. Tout est fait pour qu’on souhaite l’exclure. Toutefois, son désir ardent de survivre dans cette société et de ne jamais être soumise à un mari lui permet de tout réaliser avec une ténacité extrême. Rin est extrêmement ambitieuse, mais, par soucis de réalisme dans ce monde en guerre, elle ne peut pas tout réaliser. J’ai grandement aimé le développement progressif de son pouvoir mais surtout la découverte croissante de son passé et de sa détermination impartiale.

Les autres personnages sont tout aussi attachants même si j’avoue m’être parfois perdue dans les prénoms, notamment peut-être à cause de l’anglais, qui n’était pas très difficile à lire d’un point de vue linguistique mais puisqu’il s’agit d’un assez gros pavé, cela reste un challenge. J’ai adoré la partie portant sur l’apprentissage de Rin à Sinegard. Tout cet atmosphère guerrière, en prenant en compte les moqueries que vit Rin du fait de sa couleur de peau plus foncée, est une référence guerrière à l’histoire de Chine. Pour ceux qui auraient lu le roman ou pour ceux que ça intéresserait tout simplement (avec toutefois des spoils à prendre en compte), je vous laisse le lien d’une interview où l’autrice explique tout cela : https://bookriot.com/2018/08/08/r-f-kuang-on-the-poppy-war/

La plume a vraiment été agréable à suivre, et je n’ai pas vu les pages passer. En outre, on retrouve un univers très original, axé sur une certaine forme de culture asiatique, mais aussi sur l’apprentissage, la guerre et le chamanisme. Il y a une grande part de fantasy avec la présence de dieux pouvant accorder leurs pouvoirs aux humains. Mais il faut être conscient du prix à payer … J’ai aimé suivre Rin qui n’a aucunement besoin de la subordination d’un homme ou de son aide pour réussir et survivre. Elle le fait seule et incarne ainsi l’image de la femme indépendante et libérée malgré sa condition sociale.

Sachez qu’il s’agit d’une trilogie : deux tomes sont sortis en anglais, le deuxième est d’ailleurs génial. En début d’année, Acte Sud a annoncé une traduction française qui paraîtra le 10 juin 2020 dans leur collection Exofiction. S’il vous tente et que vous ne maîtrisez pas trop la lecture anglaise, je vous invite à vous jeter dessus à cette date.

:fist_tone4: Personnage principal noir

:rainbow_flag: Personnage secondaire asexuel et aromantique

:mega: Autrice ownvoice

coup de coeur
lolita