Enfant, Jessica Janin a connu l’horreur. Enlevée et séquestrée par Léon Schwartz, un pédophile de la pire espèce, elle a sauvé sa vie de justesse. Lorsque vingt-quatre ans plus tard, elle apprend la mort du criminel en prison, la jeune femme pense qu’elle pourra enfin tourner la page du traumatisme qui la hante toujours. Mais Schwartz, qui a passé un pacte avec le Diable, revient d’entre les morts sous la forme d’un vampire, bien décidé à se venger de celle qui lui a échappé.

Jessica a déjà vaincu le criminel une fois, en sera-t-elle capable à nouveau ? Pour l’affronter, elle pourra compter sur l’aide de deux chasseurs de vampires, Mathieu Leroux et son frère, Maxime, autiste doué de pouvoirs médiumniques. Schwartz, quant à lui, a plusieurs alliés parmi les démons, notamment l’un des plus puissants vampires du monde, qui a un vieux compte à régler avec Maxime.


TW pour public averti : scènes de pédophilie, viols sous-entendus, violences, tortures, séquestration.

Ce roman renoue avec l’image du vampire maléfique : si les adaptations contemporaines ont tendances à rendre le vampire sensuel, pouvant devenir au fur et à mesure bienveillant, Michel Pelini nous livre ici une créature maléfique digne des premiers mythes sur le sujet. Avec Léon Schwartz, un pédophile devenant vampire, on se retrouve bien à la créature la plus immonde qui soit. Ce livre a pour but de montrer les vices humains en prenant, par moment, le point de vue de Léon dans le récit. A la manière de Nabokov dans Lolita, les pensées de ce personnage immonde et infâme sont souvent dures à lire. Le roman nous laisse souvent sur une sensation de malaise mais c’est une émotion qui peut me faire apprécié ma lecture, cela a été le cas ici. J’ai trouvé que le texte élucidait tout de même les pires pensées de ce personnage et, pour le coup, tant mieux, sinon, cela aurait été trop cruel et aurait pu relever du voyeurisme. J’ai aimé que les propos soient tenus sur un demi-ton bien maîtrisé, on cherche à parler de l’horreur sans trop la dévoiler non plus. C’était un pari risqué à prendre mais réussi.

Pour ce qui est de l’intrigue, le récit est empli d’actions avec une alternance de focalisations sur différents personnages. Je regrette toutefois que le livre ne soit séparé qu’en cinq grands chapitres plutôt qu’en plusieurs – mais ce défaut narratif est purement subjectif. Le thème des marques du passé et des traumatismes est très bien abordé à travers un récit fantastique et surnaturel. J’ai aimé voir arriver un chasseur de vampire autiste car cela change de ce qu’on peut voir d’habitude – on inclut une certaine diversité au récit. Au fur et à mesure, avec les différentes histoires des personnages, toute l’intrigue se construit, jusqu’à arriver à un dénouement dont j’attendais peut-être un peu plus. Toutefois, l’histoire est intéressante, originale, et restera gravée dans ma mémoire. Je le recommanderais à tous les amateurs de romans noirs, de thriller, et de vampires démoniaques. 

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