Nous suivons Alicia, qui, en journée, est une jeune étudiante morose qui s’ennuie et ne se satisfait pas de sa vie. La nuit, elle est Siwès, une myrhe, un esprit guerrier destiné à aider le Cinquième Cercle à changer le cours de la guerre ; en effet, dans le monde d’Es, les lluhaniens ont fait appel à des mages noirs et dragons ressuscités pour s’emparer du pouvoir. Aux côtés des Fabuleux, créatures magiques puissantes, de l’armée du Cinquième Cercle et de son tigre Tadjal, elle est prête à tout pour mener à bien sa mission, quitte à rompre le lien entre son esprit et son corps…


Je suis passée par diverses émotions en lisant cette duologie, des émotions propres à chaque tome ; j’ai en effet trouvé le deuxième bien meilleur que le premier, tant dans la forme que dans le fond. Je m’explique ; le début du premier tome est long, nous sommes confronté à beaucoup de personnages auxquels il faut s’habituer pour suivre le récit, et devons prendre nos marques dans un univers inédit et excellemment construit, donc très travaillé. J’ai également trouvé les personnages beaucoup plus exploités et approfondis dans le deuxième tome, ce qui m’a fait conclure ma lecture sur une note très positive.

Alicia, qui est également Siwès (cela peut porter à confusion à plusieurs reprises), est un personnage tantôt courageux, tantôt agaçant ; je n’ai pas réussi à m’attacher entièrement à elle, même si les révélations au cours du récit nous amènent à mieux la comprendre. En revanche, j’ai adoré Tadjal, Baxhian, Tomas, et beaucoup d’autres personnages secondaires. J’ai d’ailleurs trouvé que c’était eux, la véritable force du récit. Même si l’on suit l’intrigue principale avec intérêt, voire impatience (surtout dans le deuxième tome), ce sont les intrigues secondaires (entre les personnages) qui m’ont fait apprécier ma lecture. L’autrice nous propose une pluralité des voix dans son récit, nous fait découvrir l’intrigue à travers le point de vue de plusieurs personnages, et j’ai trouvé ça très intéressant.

L’univers est, quant à lui, très complexe ; cela porte parfois préjudice au récit, surtout par l’absence d’une carte, ou d’un glossaire en fin d’ouvrage, qui aurait pu expliquer, ou expliciter, les mots de vocabulaire complexes (et il y en a). L’apparition d’une ribambelle de personnages, de créatures magiques et d’une intrigue politique pas forcément expliquée complique également les choses et peut mener le lecteur à sa perte.

J’ai pour autant adoré – vraiment adoré – le côté militaire du récit ; les stratégies, les batailles, les complots internes, les feintes, les espions. C’est un gros point fort de cette duologie, qui m’a passionnée et (surtout dans le deuxième tome) m’a tenue en haleine jusqu’à la fin. J’ajoute cependant que l’ouvrage possède de nombreuses fautes de frappe et/ou d’orthographe (plus récurrentes dans le premier tome), ce qui a grandement gâché ma lecture, ainsi que de régulières longueurs qui n’encouragent pas forcément la poursuite de la lecture d’une traite. Ces deux derniers points ont fait que mon avis global est mitigé, mais je recommande tout de même ce récit aux férus de fantasy qui cherchent quelque chose à se mettre sous la dent.

:wheelchair: Personnage handicapé moteur

trois