Peter, sa femme Emma et son frère Ben sont trois scientifiques à l’esprit vif et curieux. Le premier est généticien, la seconde est paléoanthropologue controversée, tandis que le dernier est sociologue spécialiste des dynamiques humaines. Un membre de la comité européenne leur propose de travailler sur un dossier aussi secret que palpitant. L’équipe se voit scindée en deux : les hommes partent pour l’observatoire du Pic du Midi dans les Pyrénées tandis qu’Emma part pour une île des Marquises. Entre les Pyrénées et la Polynésie Française, les trois scientifiques ignorent quel est le réel but de leur venue. Au fil des réponses, le mystère s’épaissit. Avec des méthodes différentes et des contextes diamétralement opposés, ils parviennent néanmoins à comprendre ce qui pourrait devenir la plus grande révélation de l’évolution de l’humanité…


L’histoire prend place dans deux ambiances aussi opposées que similaires : les hommes sont au sommet des Pyrénées, au milieu de gardes armées, d’une tempête de neige incroyable, pendant qu’Emma erre sur une île censée être paradisiaque. Les trois protagonistes comprennent très rapidement qu’une montage de secrets et de dangers les attendent. Grâce à leur intellect, ils doivent survivre tout en découvrant les mystères que cette affaire essaye vainement d’étouffer… Une menace invisible rode, mais il semble impossible d’identifier réellement l’ennemi. Pourtant, lorsque la vérité éclate enfin, le résultat est à glacer le sang. La théorie Gaïa repose sur la logique suivante : l’homme serait programmé pour s’auto-détruire. Mère Nature (dite Gaïa) aurait laissé l’espèce humaine arriver au sommet de la domination du monde pour mieux la laisser chuter grâce à une violence exacerbée, réduite en sommeil par la civilisation, mais qui ne demande qu’à sortir…

Indéniablement, Maxime Chattam excelle pour terrifer son lecteur. Dès les premières pages, une ambiance oppressante s’installe. Les protagonistes, tout comme le spectateur, n’ont pas la moindre idée du bourbier dans lequel ils sont entrainés. L’esprit des trois scientifiques est très aiguisé (trop ?), ils réfléchissent particulièrement vite (trop ?) et si leur raisonnement est d’une intelligence incroyable (trop ?), le lecteur peut vite perdre pied et être totalement noyé sous les termes techniques qui ne sont pas toujours à la portée de n’importe qui. Il faut s’accrocher et avoir la tête froide pour suivre tous les raisonnements, comprendre les enjeux et les aboutissements, même s’ils sont clarifiés et synthétisés au fur et à mesure du récit. Il faut ajouter à cela que ces intellectuels brillants sont aussi doués pour se dépêtrer de toutes les situations, qu’elles soient stressantes, dangereuses ou menaçantes.

Tout comme l’action, le récit ne prend aucune pause. Les chapitres sont courts mais incisifs, angoissants et effroyables parfois, mais ne peuvent laisser indifférent. Les cliffhangers sont réussis et La Théorie Gaïa pousse à réfléchir, d’aventures en aventures, de révélations en révélations. Maxime Chattam a revêtu son costume de Maître du Thriller une nouvelle fois pour clotûrer son « Cycle de l’Homme » (constitué de trois tomes qui peuvent parfaitement se lire séparémment). Malgré plusieurs raccourcis et facilités de narration, ce roman est avant tout un avertissement sérieux qui dépasse la fiction. La nature de l’homme, son rapport destructeur avec sa planète nourricière, l’écologie, sont au coeur de l’intrigue, qu’elle se situe entre les pages de ce livre ou dans le monde extérieur…

trois
elodie