Beck tente vainement de vivre le rêve de sa soeur disparue en tentant de devenir comédienne à Los Angeles. Un homme au comportement étrange du nom de Wes semble la suivre. Mais au milieu de cette danse étrange, un serial killer disperse des cadavres sur des lieux que Beck connaît bien…


Depuis que Leah a disparu quelques années plus tôt alors qu’elle avait quatorze ans, sa grande soeur Beck mène son existence par procuration. Elle s’encombre d’un compagnon qui a l’âge d’être son père, afin qu’il la pistonne dans le milieu du théâtre, même si elle reste convaincue de n’avoir aucun talent particulier pour cet art. L’esprit de Beck est encombré d’un jeu de masques qu’elle choisit de revêtir selon les occasions : elle est tantôt une adolescente ordinaire qui veut seulement danser, tantôt une femme manipulatrice, qui sait obtenir tout ce qu’elle veut. La soie, le luxe, la vie en grandes pompes ne suffisent pas pour effacer son passé douloureux et violent sous les coups de son père. Dépeinte comme une enfant simplement perdue, hantée et traumatisée, Beck n’est pas pour autant moins vigilante. Elle voit cet homme mystérieux et ténébreux la suivre sans comprendre ce qu’il lui veut. Wes semble tout savoir d’elle alors qu’elle ignore tout de lui…

Les angoisses pleuvent, les obsessions torturent, les esprits s’échauffent, les cadavres s’éparpillent… Tout dans ce roman est excessif. La tension monte de tous les côtés et chaque personnage ressemble à s’y méprendre à une bombe à retardement. Il est bien connu qu’un lecteur ne doit jamais se laisser duper par les apparences lorsqu’il choisit d’ouvrir un thriller en connaissance de cause. Et cet ouvrage a réussi son coup : il ne faut en aucun cas se laisser naïvement berner par une écriture brute et un langage cru sur un fond de rythme de croisière. Le stress et l’angoisse s’installent sinueusement en arrière-plan avant de heurter de plein fouet. Le twist final est insoupçonné. Les personnages les plus fous ne sont pas toujours ceux imaginés. Cependant, une fois la vérité exposée, de nombreux signes psychologiques étaient pourtant bel et bien présents dès le début.

Morgane Montoriol signe son premier roman avec Les taches rousses et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a qu’un seul objectif : piéger allégrement ses personnages et son lectorat. Mission réussie, même si le format de l’intrigue sonne comme un léger déjà-vu.

elodie