Les commandements du Faucheur :
Tu tueras. Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.

MidAmérique, milieu du 3e millénaire. Dans un monde où la maladie a été éradiquée, on ne peut plus guère mourir qu’en étant tué aléatoirement ( » glané « ) par un faucheur professionnel. Citra et Rowan sont deux adolescents qui ont été sélectionnés pour devenir apprentis-Faucheurs ; et, bien qu’ils aient cette vocation en horreur, ils vont devoir apprendre l’art de tuer et comprendre en quoi cette mission est bel et bien une nécessité. Mais seul l’un des deux adolescents sera choisi comme apprenti à part entière, et lorsqu’il devient clair que la première tâche du vainqueur sera de glaner la vie du perdant, Citra et Rowan se retrouvent dressés l’un contre l’autre bien malgré eux… 


Que se passera-t-il le jour où l’humanité viendra à bout de la mortalité ? Imaginez-vous une existence où la mort n’est plus qu’un simple inconvénient, un moment désagréable qui est rapidement corrigé par les avancées technologiques et scientifiques. On y vit éternellement, et il est désormais possible de rajeunir à notre convenance. Les gouvernements ont été abolis au profit d’une intelligence artificielle toute puissante, chargée de protéger et préserver les hommes de toute corruption et conflit. Le seul moyen de mourir, de quitter définitivement cette existence sont les Faucheurs, dont la mission est de réguler la population d’une façon juste et équitable. Le rêve, n’est-ce pas ? Voici le monde que Neal Shusterman nous présente dans La Faucheuse.

J’ai beaucoup aimé ce livre ! L’auteur est extrêmement doué pour faire vivre son univers et ses personnages, ce qui fait que le lecteur n’a pas l’impression de débarquer comme un cheveux sur la soupe et doit pédaler pour comprendre. L’ordre des Faucheurs est extrêmement intéressant, on découvre ses mécanismes et sa philosophie par le biais des protagonistes, Citra et Rowan, et de nombreux extraits de journaux privés. Le lecteur est obligé de s’interroger, de se demander « est-ce juste ? Est-ce vraiment mieux que le monde dans lequel nous vivons ? Est-ce la seule solution ? ». Voilà la force de ce récit. Si vous vous attendez à trouver de l’action à tous les tournants, je ne pense pas que vous serez satisfaits de ce premier tome. L’auteur s’applique à mettre à mal nos morales et l’humanité de ses personnages, ce qui m’a vraiment plu !

Je recommande vraiment ce livre, et cette trilogie, à tous les lecteurs qui sont attirés en priorité par les personnages dans leur lecture, et qui veulent découvrir une autre forme de littérature jeune adulte. Bien sûr, on n’échappe jamais vraiment aux clichés du genre, comme la romance obligatoire, mais c’est vraiment rafraîchissant de se voir offrir cette alternative !

quatre
coralie