Délaissées par leurs parents, les deux jumelles Aubépine et Clémentine vivent à Morneville. Elles adorent leur petite routine insipide, brutalement interrompue le jour de leur kidnapping. Les voici en haute mer, prisonnières d’un équipage impitoyable de femmes pirates… HISSEZ HAUT! L’aventure n’est pas leur fort… Humour pince-sans-rire et péripéties palpitantes rythment cette trilogie, n’en déplaisent aux sœurs Mouais !


Chronique réalisée en tout honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Little Urban. Merci à eux pour leur confiance.

La traduction du titre du roman convient parfaitement à l’histoire, les deux soeurs étant particulièrement nonchalantes, ce qui donne lieu à des situations amusantes. L’humour dans le roman est très pince-sans-rire, presque absurde. Il y également beaucoup de jeux de mots qui y contribuent, les enfants vivent à Morneville, la pirate à qui il manque une jambe s’appelle Debois… ce sont plein de petits détails qui font de l’ensemble un vrai plaisir. C’est aussi un roman illustré, à la mise en page soignée, à noter qu’il s’agit d’un hardback ! L’aspect pédagogique se voit au début de chaque chapitre, avec un mot expliqué comme dans un dictionnaire accompagné d’une illustration explicative très drôle ! Cela permet aux enfants d’apprendre de nouveaux mots et d’enrichir leur vocabulaire.

Certaines situations restent assez improbables du point de vue d’un adulte, avec les jeunes filles abandonnées par leurs parents, et qui vivent donc seules depuis de nombreuses années. Par contre, j’ai bien apprécié qu’elles ne pardonnent pas à leurs parents aussi facilement et qu’elles se rendent bien compte de leur irresponsabilité. Aubépine et Clémentine sont drôles sans le faire exprès, elles n’ont pas de véritable caractère affirmé mais des habitudes attachantes qui les rendent mignonnes. Par exemple, pour ne pas affronter la réalité en face, elles font semblant de dormir et j’ai trouvé ça excellent. Elles parleront à beaucoup d’enfants et d’adultes, l’autrice faisant passer le message qu’on peut très bien vivre notre petite vie tranquille sans pour autant vivre des aventures, qu’on peut très bien être heureux comme ça et qu’il faut faire les choses pour soi et pas parce que c’est ce qu’on attend de nous.

C’était très appréciable que l’équipage du bateau pirate soit entièrement féminin. Si elles ne semblent pas bien glorieuses au départ, on apprend à les connaitre et les clichés des méchantes sont déconstruits en apprenant le passé de chaque pirate. On sent un féminisme bien ancré. L’univers des pirates est suffisamment intéressant pour les enfants, il manque peut-être un peu de détails pour les adultes qui aimeraient plus de contexte. J’ai beaucoup aimé qu’à la fin du roman, quelques vraies femmes pirates soient mises en avant, c’était très intéressant ! Je salue également la mention de la grossophobie, sujet très peu abordé en jeunesse, avec le personnage de Grâce que les fillettes aident à s’affirmer et qui subit des moqueries de la part des autres, reléguée en cuisine.

En bref, c’est un petit roman rapide à lire, vraiment agréable pour les adultes, dont les messages peuvent être saisis par tout le monde. C’est clairement parfait pour les enfants, pour leur faire comprendre l’importance de la gentillesse et de l’acceptation des autres, par le biais de l’humour.

quatregraziella