Injustement privées de leur héritage, Elinor et Marianne Dashwood sont contraintes de quitter le Sussex pour le Devonshire, où elles sont rapidement acceptées par la bourgoisie locale étriquée et à l’hypocrisie feutrée. L’aînée, Elinor a dû renoncer à un amour qui semblait partagé, tandis que Marianne s’éprend bien vite du séduisant Willoughby. Si Elinor, qui représente la raison, dissimule ses peines de coeur, sa cadette étale son bonheur au grand jour, incapable de masquer ses sentiments. Jusqu’au jour où Willoughby disparaît…


Raison et sentiments est un ouvrage de l’autrice à succès Jane Austen, mondialement connue pour ses œuvres mais surtout pour Orgueil et préjugés, qui est, sans conteste, mon classique favori. Malheureusement, alors que j’avais été conquise par l’histoire d’amour d’Elizabeth Bennet, cela n’a pas été le cas pour les amours développés dans cet ouvrage. Il est vrai que j’avais énormément d’attente pour ce livre. Et peut-être même beaucoup trop. C’est sûrement ce qui m’a moins fait apprécier ma lecture. La romance – ou plutôt, les romances – m’ont perdue, je ne me suis attachée à aucune et je n’ai aucunement ressenti l’étincelle que j’avais eu avec notre cher Mr.Darcy. Pour le coup, la romance m’a paru ici très clichée, il y en a trop, ce qui vient empiéter sur le récit de manière générale.

Toutefois, en prenant en compte le contexte de l’époque, cela est toujours très logique, mais cela n’a pas vraiment fonctionné avec moi cette fois-ci. J’ai eu l’impression qu’il ne se passait presque rien. Cela n’est pas toujours un point négatif, mais j’ai ressenti un certain ennui durant ma lecture. Il faut noter que certains passages restaient très intéressants : rétrospectivement, en accord avec son époque, Jane Austen fait toujours preuve d’un certain féminisme ou met en avant des idées avant-gardistes, critiquant la place des femmes dans sa société. Marianne, par exemple, une des héroïnes, ne peut pas vivre l’histoire d’amour avec l’homme qu’elle aime, car on le lui interdit pour diverses raisons. Les carcans dans lesquels on veut faire entrer absolument les femmes sont montrés et critiqués avec une certaine ironie.

Ce que j’aime toujours autant, c’est la manière dont Jane Austen construit ses personnages et son univers fictif pour critiquer une époque et ses moeurs. Le tout est fait tout aussi intelligemment que dans Orgueil et préjugés et je ne me lasse pas de son écriture. J’ai aussi apprécié le fait qu’on suive des soeurs. La sororité est très bien retranscrite et les différences entre chacune font leurs forces. La relation entre Elinor et Marianne est très belle, puisqu’elles ont des caractères clairement opposées mais qu’elles arrivent à s’entendre plus ou moins. Si les personnages restent clichés, cela se comprend si l’on prend en compte la volonté satyrique de l’autrice. On saura aussi relever l’importance de la psychologisation des personnages, qui est un point fort des oeuvres d’Austen.

trois
lolita