Un voyage au cœur d’un royaume oublié… Derrière son regard flamboyant et son statut de rebut de la société, Ieven le demi-elfe n’a qu’un but depuis son enfance : retrouver le jumeau à qui on l’a arraché, faisant prévaloir ainsi la loi de l’enfant unique qui règne sur l’Empire de Gaïa. En attendant que ce jour vienne, Ieven loue ses services en tant que guide pour tous ceux qui voudraient s’aventurer dans les Bas-Fonds, une dangereuse région isolée du reste du monde. Se préparant pour une nouvelle mission, le demi-elfe n’a alors aucune idée de ce qui l’attend. Entre tempêtes de neige, assassinats et trahisons, il va se faire entraîner dans une véritable course contre la montre qui l’amènera peut-être jusqu’au bout de sa quête…

TW : scènes sexuelles, viols


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec 404 éditions. Merci à Iban pour sa confiance.

Ce livre a eu le pouvoir de me happer dans son monde dès la première page. Je me suis retrouvée à le dévorer dès le début, avec comme envie de me plonger complètement dans cet univers qui se présentait à moi et de ne plus en sortir ! L’autrice nous emmène dans l’Empire de Gaïa, et dans ses Bas-Fonds plus précisément, où la loi qui règne dans les hautes sphères de ce régime n’est rien de plus qu’une suggestion facilement ignorée. Ieven, un demi-Elfe, ne gagne sa pitance que grâce au métier de guide qu’il exerce. Lorsqu’il se retrouve engagé par l’homme qui tient les reines de sa ville et a le pouvoir de faire brûler n’importe quelle femme pour sorcellerie – dont la mère adoptive de Ieven -, le jeune homme n’a pas d’autre choix que d’exécuter sa volonté et de se lancer sur les routes pour délivrer un message de la plus haute importance, et en mauvaise compagnie.

Ce récit m’a un peu rappelé l’univers du Sorceleur, dans son rythme et son ambiance générale. Cette série étant une de mes chouchous, j’ai aussitôt succombé au charme du Réveil des Légendes. Contrairement à une majorité des romans de high fantasy adulte que j’ai pu lire, celui-ci ne se concentre pas sur les intrigues politiques ou les conflits sans fin, mais plutôt sur un voyage spirituel des personnages. L’autrice rend ses personnages attachants, tant et si bien que l’on ne veut que les voir interagir entre eux et apprendre de leurs erreurs respectives. Ce livre présente également une amitié très pure et très douce, que j’ai adoré et qui m’a fait autant sourire que pleurer, donc préparer vos mouchoirs !

Mais cela ne veut pas dire que ce livre manque de solidité ou de construction : on a un système religieux et politique très bien établi, ainsi qu’une idée générale de la géographie et des croyances de tout un chacun, ce qui rend l’ensemble réaliste et tangible. Une fois la dernière page tournée, on n’a plus qu’une envie : en savoir plus, et attendre le deuxième tome avec impatience !

cinq
coralie

Ce livre est paru dans le cadre d’un concours réalisé annuellement par 404 éditions avec, à la clef, une parution de roman. En ayant pu observer le fonctionnement du concours cette année, j’avais envie de soulever le concept génial de la maison d’édition qui propose une plate-forme à la « wattpad » pour la publication des textes soumis au concours, cela permet de découvrir des textes variés dans les genres de l’imaginaire pour ensuite observer lequel sera le gagnant. Il est clair que Le réveil des légendes a été choisi avec une attention particulière car il rassemble tout ce qu’il faut pour en faire un bon livre : une plume équilibrée, des dialogues réalistes, des personnages attachants, une histoire fantasy bien ficelée, tout en abordant des thématiques importantes comme le sexisme.

Il s’agit avant tout d’un récit initiatique puisque Ieven, notre cher protagoniste, doit se lancer dans une quête pour éviter de perdre sa propre mère. Toutefois, avec de nombreux détours, cette mission se transforme rapidement en cauchemar mais aussi en une découverte sur son passé. J’ai aimé la façon dont les différentes classes de personnages et leurs attributs magiques sont abordées, on a une certaine innovation sur ce sujet et on ne reste pas dans des clichés désués.

L’intrigue prend au fur et à mesure des airs de science-fiction et je peux avouer que ce mélange des genres m’a perturbée, notamment au début. C’est plus la tournure du récit qui m’a gênée plus que la compréhension en elle-même car tout est finement expliqué, à travers une plume qui est, je le répète, parfaite. Si j’ai apprécié le caractère assez lunatique de Ieven, j’avoue avoir aussi été agacée par son tempérament à de nombreuses reprises – mais cela est bien, finalement, car nous n’avons pas affaire à un héros parfait. L’attachement a été plus compliqué, toutefois, et c’est peut-être pour ça que je n’ai pas autant aimé le livre que Coralie.

quatre
lolita

Je me suis lancée avec impatience dans la découverte de ce roman dont j’avais entendu énormément de bien, et je dois dire que j’ai été déçue. Je m’attendais à un récit d’aventure dans un univers de fantasy bien implanté et des personnages hauts en couleur ; à la place, j’ai lu un récit à l’univers de fantasy à peine expliqué dans les deux premières pages, sans explicitation du fonctionnement (notamment politique) du monde dans lequel vivent les personnages. De l’aventure, ça, ce roman n’en manque pas ; d’action en action, les personnages ne s’arrêtent jamais, et ce dès la troisième page. Sans même avoir le temps de comprendre les enjeux de l’univers ni de comprendre qui est notre personnage principal, il part déjà dans une quête très brièvement présentée ; j’ai eu une amère sensation d’inachevé en finissant ce roman qui finit comme il a commencé – de façon bancale et rapide.

Au niveau des personnages, j’ai eu une drôle d’impression de masculinisme prononcé. Mes mots sont peut-être un peu forts, mais même avec du recul je ne peux m’empêcher de ressentir la même chose ; les héros, ce sont les hommes – aucune femme n’a la vedette, ni même ne joue un rôle important, si ce n’est la mère du personnage sans que l’on comprenne vraiment pourquoi (si ce n’est que c’est sa mère) et une jeune femme, pendant vingt pages. D’ailleurs, j’ai trouvé que ce roman – et les personnages avec – a un rapport au viol perturbant, voire dérangeant (à la limite du problématique, selon moi) ; un des personnages principaux est incriminé pour viol et les autres personnages rigolent doucement en disant « ça ne m’étonne pas de lui ». Dans d’autres scènes, des femmes prisonnières sont régulièrement violées, sans aucun aboutissement derrière, sans tentative de dénonciation si ce n’est un minable « Ce sont vraiment des connards » (really ????). Je pense sincèrement que le genre de la fantasy n’excuse pas tout et des scènes de viol sans aucun message derrière ne sont pas ce que j’appelle pertinentes – à moins que j’aie complètement loupé le sens de ces scènes, et dans ce cas, mea culpa.

J’ai également eu du mal avec le personnage principal, Ieven, qui ne fait que de repousser les autres et essayer de se faire détester sans réelle motivation, si ce n’est le désir d’être seul. J’admets que j’ai du mal avec la représentation du personnage solitaire qui repousse tout le monde autour de lui, alors peut-être ne suis-je pas totalement objective sur ce point. Quoi qu’il en soit, j’ai été déçue de ma lecture mais je suis ravie que mes deux collaboratrices l’aient aimé et je ne peux que vous encourager à vous faire votre propre avis !

deux