Six ans après un attentat dans son lycée, Lexie a tout perdu : Asher, son amour, ses meilleures amies et ses parents – même s’ils sont toujours vivants. Désormais mère célibataire épaulée par Ezra, l’unique personne qui a vécu l’exacte même chose qu’elle, elle gère sa vie avec sa petite fille, comme elle le peut, en tentant de surmonter ses démons. Mais Asher revient en ville et son retour lui rappelle trop de choses ; comment réussir à retrouver sa vie d’avant, à lui apprendre qu’il est père et surtout, comment surmonter ses sentiments pour lui alors qu’il l’a abandonnée ?

TW : deuil, mort, attentat, sang, hôpital

:wheelchair: Personnage secondaire handicapé moteur

:fist_tone4: Personnage principal racisé


Chronique réalisée en tout honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Cherry Publishing. Merci à Pauline pour sa confiance.

La plume de Koko Nhan est étonnamment fluide et ce livre s’est lu tout seul. On plonge très rapidement dans le récit qui n’est pas désagréable à suivre bien qu’il ne se démarque en rien du trope de la romance classique – une fille qui a tout perdu, son amour éternel qui revient, un autre garçon qui est resté pour la soutenir et pour qui elle éprouve peu à peu des sentiments. C’est d’ailleurs ce qui m’a refroidie pendant ma lecture, bien que j’étais très embarquée dans le récit au départ. J’ai trouvé qu’il n’y a rien de novateur dans ce roman, l’histoire de l’attentat mis à part, et encore. Les personnages sont attachants malgré tout, la petite Tara et sa mère nous inspirent tour à tour joie, amour, compassion. Les éléments de l’histoire sont dans l’ensemble plutôt approfondis mais j’ai trouvé dommage que la reconstruction de Lexie après l’attentat ne soit pas plus traitée, car le récit se focalise sur l’instant présent en insérant quelques flash-backs ; six ans après, Lexie ne va pas intégralement mieux et combat toujours ses démons (ce qui est normal, je pense) mais on a la vague impression que rien ne s’est accompli pendant les années entre les événements et l’époque du récit.

Petit bémol que je note mais qui reste personnel ; je ne supporte pas le fil directeur facile du « je suis tombée amoureuse de toi pendant tout ce temps sans m’en rendre compte ». C’est quelque chose qui me parait tellement facile et peu réel et réaliste et j’ai vraiment du mal à accrocher avec ça, donc je ne me suis pas réellement retrouvée dans la romance du récit. Pour autant, je l’ai trouvée mignonne, bien qu’elle ne s’écarte encore une fois pas des scénarios habituels (les protagonistes se cherchent, s’avouent leurs sentiments, il se passe quelque chose donc ils se séparent puis ils se rendent compte que c’était un quiproquo…). La plume de Koko Nhan rend donc ce roman intéressant mais pas franchement indispensable pour les non-passionnés du genre.

Un autre élément du récit m’a plutôt intéressée ; les parents de Lexie, auparavant riches et attentifs, qui se laissent complètement aller après l’attentat pour une raison bien particulière (que je ne vais pas mentionner ici pour ne pas spoiler). C’était intéressant de lire sur cette famille déchue et empoisonnée de l’intérieur même si j’aurais sûrement apprécié que cela soit un peu plus exploité, car il y avait du potentiel à mon goût. Je comprends cependant que ce ne soit pas l’axe que l’autrice ait choisi pour son roman. Pour conclure, c’était une romance qui aborde des sujets profonds dont la reconstruction et la mort, mais qui ne dévie pas des scénarios habituels et qui ne s’est donc pas vraiment démarqué à mes yeux, la plume très agréable de Koko Nhan mise à part.

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