Matthieu a 21 ans et est parti de chez lui depuis trois ans lorsque sa tante l’appelle – sa mère est morte, l’enterrement est lundi, il est attendu, il n’a pas le choix. Atteinte du cancer depuis plus de six mois, il n’a pas daigné aller la voir, ni elle, ni son frère et sa sœur. Complètement dévasté et le cœur bizarrement anesthésié, c’est avec appréhension qu’il retourne dans sa vie d’avant, celle qu’il a tout fait pour fuir – et qu’il se confronte à la colère légitime de Léna et Gavi, les jumeaux de 11 ans qu’il a quitté sans un regard en arrière. Ce que Matthieu n’avait pas prévu, c’est le convoi funéraire du corps de sa mère jusqu’en Sardaigne, pour être enterrée dans le tombeau familial, avec les autres femmes de sa famille. Seul lui, Léna et Gavi sont autorisés à partir ; tout est organisé, payé, réglé à la minute près. Motivé par la culpabilité, le chagrin et l’envie de renouer avec son frère et sa sœur, il accepte de faire son deuil à leur côté, et ils partent tous les trois pour un road trip qui changera leurs vies à jamais. D’embûches en embûches, si le monde semble vouloir les faire échouer, les trois frères et sœurs sauront apprendre à se (re)connaître… et se pardonner.


Chronique réalisée en tout honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Fleurus. Merci à Claire pour sa confiance.

Ciao Bianca est un ouvrage très fort. C’est un récit triste et beau, joyeux et nostalgique, qui aborde des sujets pas évidents du tout avec une plume légère comme l’air. La question du deuil y est abordée, du point de vue des enfants et d’un jeune adulte ; deux visions différentes mais pas si éloignées, plutôt complémentaires, même, je dirais. On y retrouve également le thème de la famille, du pardon, de l’acceptation de soi et des autres, autant de thèmes intéressants qu’importants. J’ai beaucoup aimé le message global du roman, un message très positif et fataliste (oui, c’est possible) ; notre famille, on ne la choisit pas, et on n’approuvera jamais tous ses choix, et on n’acceptera jamais toutes ses décisions, mais la famille, c’est la famille ; en général, on l’aime trop pour y renoncer. Je me suis énormément retrouvée dans le personnage de Matthieu, un jeune homme rongé par la culpabilité de ne pas avoir su pardonner plus tôt et qui a préféré partir, car il n’approuvait pas le mode de vie de sa mère – et qui a compris trop tard que l’erreur est humaine et qu’on ne peut contrôler la vie d’une autre personne.

J’ai trouvé ce message, bien que très difficile à appliquer dans notre propre vie, très important et je l’ai trouvé très bien disséminé. J’ai adoré suivre l’histoire triste et belle et ensoleillée et nostalgique de Matthieu, Léna et Gavi, leur épopée en Sardaigne qui a indéniablement apporté une touche d’été pendant ma lecture ; j’ai pu m’attarder sur des lieux italiens que je ne connaissais pas et des traditions (le fromage aux asticots, bonjour) qui m’étaient également inconnues. Par moments, j’ai trouvé que le voyage et la descriptions des lieux s’éternisaient peut-être un peu trop, mais en fermant le livre, j’en ai finalement conclu que le périple avait duré exactement le temps qu’il devait durer afin que l’histoire prenne tout son sens ; la fin est parfaite et j’ai pleuré plus ou moins toutes les larmes de mon corps. Les personnages sont plus ou moins travaillés afin de coller à l’histoire ; le personnage de Matthieu nous touche tout particulièrement puisqu’il est le narrateur, et les jumeaux sont, il est vrai, moins développés. Est-ce dû à leur âge, leur rôle d’enfant, le fait qu’ils ne soient pas les personnages principaux (apparaissant pourtant tout au long du livre) ou simplement car là n’était pas le but du roman, je ne saurais le dire.

Il est vrai que j’aime tout particulièrement quand on réussit à « s’approprier » un personnage tellement il est développé et qu’on a l’impression de le connaître par cœur, de le comprendre et de penser à l’unisson avec lui, mais j’admets que la taille du récit (pas court, mais pas long non plus) explique peut-être cette légèrement superficialité au niveau du caractère des jumeaux ; rassurez-vous, on a le droit à des personnages concrets et cohérents, auxquels on s’attache et avec lesquels on rit ! Sans cela, d’ailleurs, on aurait bien eu du mal à saisir pleinement les enjeux de l’histoire (à mon sens). Vous l’aurez compris, les personnages sont un roc dans cette histoire (pour notre plus grand bonheur). En bref, c’est un roman qui se lit tout seul, une petite cuillère de miel quoi ; ça se dévore et on l’adore ! Impossible de faire autrement avec la plume simplement belle (joliment simple ?) de Vincent Villeminot qui embellit même les moments les plus simples d’une insignifiante – mais criante – vie.

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