Ein Blusten fait partie des Kevras, un corps d’élite rompu aux enquêtes difficiles et jouissant de passe-droits sans limites. Aussi, lorsqu’Oami, la fille du grand patron de la S.A.H.A disparaît, c’est à l’agent Blusten que l’on confie l’affaire. Dotée d’un sens du devoir à la limite de la névrose, Ein se lance dans un contre-la-montre effréné au cœur de la mégapole en compagnie d’Ejoa, une IA envahissante adepte du placement de produit. Entre interrogatoires musclés, explosions plasmiques et joutes verbales décalées, Ein ne ménage ni ses efforts ni ses victimes pour retrouver la jeune fille aux motivations méconnues.


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Onyx. Merci à Anaïs pour sa confiance.

 Une plongée dans la science-fiction : miroir et critique d’une société connectée

J.M Lykkès nous fait découvrir un univers assez étrange et à la fois curieux au cours de son récit. L’intelligence artificielle a pris possession des différents lieux et espaces dans cette société hyper augmentée. L’IA peut être utilisée à toutes les « sauces » : assistant virtuel pour vos moindres faits et gestes, connectés à votre organisme, partenaire d’une vie ou d’un soir, secrétaire dans les grandes entreprises. Ein Blusten évolue dans ce monde là, accompagnée d’Ejoa son IA, Ein est une agent Kevra, chargée de faire respecter l’ordre, en usant parfois de la force. Lorsque sa mission consiste à retrouver l’héritière de l’empire de la S.A.H.A, rien ne se déroule comme prévu…

L’auteur parvient à faire une critique assez intéressante sur cette société, peut-être pas si fictive que ça finalement… L’intelligence artificielle est omniprésente, se substituant parfois à l’être humain, des ségrégations existent au sein même de cette société entre les « organiques » et les « non-organiques » (ceux ayant recours à des prothèses de pointe pour remplacer un membre perdu par exemple), des préjugés parfois racistes et bien ancrés dans les mentalités ou encore la quête toujours plus poussée du pouvoir. En moins de 210 pages, l’auteur brosse un portrait d’une société éloignée et pourtant contemporaine à la notre. Cet aspect m’a énormément plu : c’est fait avec finesse, réflexivité et intelligence.

Un personnage féminin « dure à cuire ! »

 L’auteur nous présente une héroïne qui n’a pas froid aux yeux et qui en impose, clairement ! Rien que sur la première de couverture, j’ai la sensation de voir une aura se dégager d’elle et cette impression s’est renforcée tout au long de ma lecture. Ein est une femme qui sait ce qu’elle veut, et qui n’a pas peur de faire un « doigt d’honneur » à la société. Elle est différente et elle s’assume : et ça, ça fait du bien ! L’auteur dénonce vraiment les diktats, les normes auxquelles les femmes doivent faire face au travers d’Ein : trouver un partenaire, être plus féminine, jouer un rôle pour plaire… L’auteur ne décrit pas seulement Ein au travers de son physique, j’ai vraiment apprécié cet aspect là d’aller plus loin que cette facilité. Ein Blusten c’est à la fois un personnage qu’on peut haïr profondément tout comme l’aimer follement, il n’y a pas de juste milieu. Elle est antipathique au possible et ne ménage pas sa « douceur » avec autrui.

En quelques mots

Ein Blusten, Kevra en mission est un récit qui attise la curiosité du lecteur dès les premières pages. L’intrigue est bien menée, et prend de plus en plus d’ampleur au fil des chapitres. L’auteur ne reste pas dans une intrigue linéaire simple, il croise les personnages et les événements, distillant les indices au fil du récit. Les personnages apportent une touche à l’histoire. Je reste juste un peu perplexe quant à l’utilisation « abusive » de propos racistes envers les personnages d’origine asiatique. Je me doute que c’est un moyen pour l’auteur de dénoncer ce racisme mais je pense que ça peut aussi être mal interprété.

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