Bon, salut, tout le monde ! Super contente de voir que vous avez été plusieurs à réagir à ma demande et à m’envoyer des questions. Étant donné que vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre, je crois qu’il était temps que je fasse une foire aux questions, plus connue sous le nom de FAQ ! En fait, il y a une raison bien particulière pour laquelle j’ai eu envie de faire cette FAQ. C’est que… je dois vous avouer quelque chose. Premièrement, ce n’est pas la première chaîne YouTube que je démarre. Mais j’ai dû fermer l’autre parce que j’ai subi beaucoup d’intimidation, à mon ancienne école. Je sais que je ne suis pas la seule à en vivre, et c’est pour éviter que ça vous arrive que j’en parle aujourd’hui. Je crois que l’important, c’est de jamais baisser les bras. Et de pas avoir honte.

TW : harcèlement scolaire, cyber-harcèlement


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec Kennes. Merci à Ben pour sa confiance.

Adolescente et youtubeuse à plein temps

Maélie, douze ans, adolescente bien dans ses pompes, part de chez ses parents pour aller vivre au Canada, chez Sam : un total inconnu ! Cette nouvelle vie s’annonce un peu compliqué, notamment le temps d’adaptation avec ce tout nouveau monde et cette toute nouvelle « famille ». Mais pour la jeune fille c’est un nouveau départ et hors de question qu’elle laisse de côté une part d’elle même, qu’elle aime particulièrement : faire des DIY sur Internet. Pour expliquer un peu, le DIY (do it yourself) s’apparente à du « fait main » / « fait maison » et consiste à réaliser des vidéos pour montrer comment tel objet a pu être fabriqué, sous forme de petit tutoriel. Maélie est très douée de ses dix doigts et elle aime partager cette passion avec la communauté des internautes sur sa chaîne YouTube. Maélie passe donc une partie de sa vie sur la toile, et parfois cela peut jouer en sa défaveur… Au travers d’une plume fluide, l’auteure dénonce le harcèlement mais aussi le cyber-harcèlement, plus insidieux car le harceleur se cache derrière l’anonymat le plus souvent. Marilou Addison nous amène à réfléchir sur l’utilisation des réseaux sociaux et surtout chez les plus jeunes.

Réflexion sur l’identité (numérique)

La quête identitaire reste assez palpable au fil des pages : Maélie ne connait pas ses parents biologiques, ayant été adoptée et Sam se rapproche le plus d’un proche. Cependant, encore faut-il parvenir à instaurer un dialogue, une complicité… En finesse, l’auteure parvient à tisser ce lien, fragile mais pourtant bien présent au fil du récit. En parallèle, l’auteure pousse le lecteur à réfléchir sur l’identité numérique : en tant que professeure, cette thématique me touche particulièrement. Les adolescents (particulièrement) peuvent être touchés par le harcèlement et le harcèlement en ligne notamment, tout simplement car la conscience d’identité numérique reste relativement inexistante. Cela m’étonne que Maélie possède sa chaîne YouTube aussi « jeune », sans qu’un contrôle parental plus poussé ne soit exercé…

Maélie est totalement différente entre sa chaîne YouTube et sa personnalité dans la vie « réelle ». Sur Internet elle est beaucoup plus à l’aise, alors que dans la vie quotidienne elle reste une jeune fille assez renfermée, qui se lie peu avec d’autres personnes de son âge et qui parle peu. Cette ambivalence reste intéressante à exploiter et me rappelle un concept emprunté au psychiatre Serge Tisseron : l’extimité (le fait de se mettre en avant sur les réseaux sociaux) mais plus globalement Internet représente un espace d’apprentissage pour les jeunes, où ils peuvent intégrer une communauté, tester leurs identités au travers des avatars et obtenir une certaine reconnaissance d’autrui.

Une mise en page travaillée

La mise en page du livre est très travaillée : on retrouve plusieurs « codes » de la jeunesse, avec un hashtag en début de chapitre pour lui donner un titre, des bulles de conversation SMS. Sur chaque page on retrouve un téléphone mobile qui encadre le texte et c’est écrit assez gros : donc oui, le nombre de pages peut faire peur pour les jeunes lecteurs mais c’est fluide et ça se lit très bien, très rapidement. Petit point bonus, que j’ai trouvé génial : le lecteur peut suivre les tutoriels au fur et à mesure et réaliser les fabrications de Maélie.

C’est un récit très intéressant et très riche à décortiquer quand on y regarde de plus près en tout cas. Il peut susciter de nombreux questionnements chez les plus jeunes lecteurs et je pense que les tomes qui suivent creusent plus en détails toutes les thématiques abordées sommairement dans ce premier tome. Le récit aborde les premiers émois amoureux également : bref c’est très riche, très varié et ça permet de se questionner (petits et grands !)

trois
lilie