Charlie est alors en pleine adolescence lorsque son père annonce son désir de devenir une femme à part entière. Le quotidien de son foyer est secoué par les changements et les nouvelles, au rythme de la métamorphose d’Aurélien en Alice.

:rainbow_flag: Personnage transgenre


Chronique réalisée en tout honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Belfond. Merci à Claire pour sa confiance.

Dans l’intimité des pensées du jeune Charlie, le cataclysme familial revêt des perruques, des ongles vernis, des chaussures à talons et des bijoux bariolés. Pendant deux ans, il observe méticuleusement la transformation de son père. Malgré la multitude d’émotions qui bouleversent les protagonistes, ils franchissent toutes les difficultés main dans la main. Charlie ne sait que penser : amour, haine, tristesse, honte, dégoût… son père n’est plus son père, c’est un étranger qui s’éloigne de lui pour se rapprocher de sa véritable identité. Pourtant, Alice émerge le plus naturellement possible auprès des siens et l’adolescent calme sa colère et son rejet. Face à l’évidence, l’histoire familiale baigne d’amour : Charlie aime « Papa Alice » telle qu’elle est.

Alternant le récit dans les deux années passées et le présent lors de l’opération qui achèvera la naissance d’Alice, la narration est poignante et juste. En dépit de la difficulté du sujet, il est traité d’une plume délicate et sans vergogne. Le regard plein de vérité, le récit de cette aventure familial est immersif. Sans mensonge, ni fard ou tricherie : authentique. Impossible de ne pas être bouleversé par la tendresse des liens qui unissent Alice, Charlie et sa mère. Finalement, rien n’est plus important que l’acceptation de soi-même et des autres. Une tolérance et un amour qui peuvent gravir des montagnes en grandissant à chaque pas.

Julien Dufresne-Lamy a réussi le pari incroyable de traiter délicatement, mais sans fioriture une thématique aussi complexe que terriblement intime. Je ne peux que féliciter l’audace.

quatre
elodie