L’histoire se déroule au Chili. Soledad a quinze ans, Ricardo 18. C’est elle qui raconte. Il est membre du Mir, mouvement de la gauche révolutionnaire, elle est membre d’une fratrie de neuf frères et soeurs issue d’un couple de paysans pauvres. Ils se rencontrent en août 1970 sur le campamento Rigoberto Zamora. Il est responsable de la toma, une occupation illégale de terrain sur laquelle se sont installées 360 familles dans l’espoir d’obtenir une maison. Elle fait partie des sin-casa, 60 000 familles vivant sous des tentes de fortune dans la périphérie de Santiago. Ils se marieront, auront deux enfants, s’impliqueront jour après jour dans les espoirs et les luttes de l’Unité populaire, mettant tout en oeuvre pour défendre ce bref interstice conquis par les humbles. Leur histoire d’amour, portée par l’enthousiasme des mille jours de la présidence de Salvador Allende, prendra tragiquement fin avec elle.

✊🏾 Personnages chiliens

TW : tortures, exécutions, morts


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Steinkis. Merci à Louise pour sa confiance.

C’était tellement bien. C’est un contexte qui m’intéresse beaucoup de base, parce que j’ai l’impression qu’on en sait si peu, l’Amérique latine est souvent laissée de côté en Histoire, alors qu’il s’est passé tellement de choses, notamment au niveau des dictatures. Du coup ici, on découvre la période qui précède le coup d’état de Pinochet, et les 1 000 jours du gouvernement socialiste de Salvador Allende. Et c’était tellement intéressant de voir ce peuple se battre pour avoir des droits, parallèlement à tous ceux qui vont essayer de mettre en péril ce gouvernement.

C’est une véritable fresque, même si elle s’étale sur seulement 3 ans, de la vie au Chili, qu’on découvre à travers la vie de Soledad, sa rencontre avec Ricardo, avec qui elle va s’engager pour obtenir une maison pour elle, pour sa famille, et pour tous ces gens qui sont laissés pour compte. On y voit des choses émouvantes, dures aussi, mais c’était beau, que ce soit dans le fond ou dans la forme.

© Steinkis

Enfin, je me sens obligée de mentionner tout le travail de documentation qui se cache derrière ces pages. Le prologue nous le dévoile déjà, en nous montrant les auteurs en déplacement au Chili, sans compter la longue bibliographie à la fin du roman graphique. On a aussi des pages plus explicatives sur qui est Soledad, dont le témoignage a permis au livre de naître, ou sur les logements au Chili par exemple. Alors merci à eux pour tout ce travail !

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