Jude n’est qu’une enfant lorsqu’elle doit quitter la Syrie, son pays, ses amis, son père, son frère, ses repères, pour partir avec sa mère, enceinte, aux Etats-Unis. Là-bas, une vie plus sûre l’attend, mais c’est également le début d’une autre vie ; une complète autre culture, un mode de vie radicalement opposé à celui qu’elle a toujours connu lui ouvre les bras… ou pas. Car Jude n’est pas la bienvenue en Amérique ; elle se rend peu à peu compte qu’elle va devoir se faire elle-même sa place dans un pays qui ne veut pas des gens comme elle. Jude, qui ne souhaite qu’une chose ; retrouver la sérénité de la Syrie et de son foyer, va alors apprendre que ce que l’on appelle « maison » est en fait une centaine de perceptions et de sentiments plus qu’un seul et même endroit …

✊🏿 Personnages voilés, syriens, musulmans

📢 Autrice ownvoice


La lecture de ce court roman en vers a été bouleversante. Je ne m’attendais pas au format poétique, qui a finalement trouvé tout son sens au cours de ma lecture, et qui a atténué en quelque sorte la dureté des évènements retranscrits par Jasmine Warga. J’ai adoré suivre Jude, sa vie et son quotidien en Syrie (le début du roman s’y déroulant). J’ai été très surprise de comprendre certaines choses et de m’éduquer, car oui, j’avais des idées reçues qui ne sont pas tout à fait avérées. C’est un délice de se plonger dans l’ambiance douce et poétique de la Syrie d’avant-guerre, vue par cette enfant qui s’y plaît tant, tout comme ça a été un déchirement de la voir contrainte de quitter le pays lorsque la situation politique de la Syrie devient instable.

J’ai également trouvé extraordinaire le parcours de Jude, sa capacité d’adaptation une fois arrivée en Amérique et son courage face aux épreuves qu’elle doit affronter, qu’il s’agisse des discriminations, du racisme, de l’arrivée dans un nouveau pays, de l’adaptation à une nouvelle culture. Le personnage principal – Jude – noue des relations, s’intègre peu à peu dans son lycée, franchit des étapes importantes de sa vie, et l’autrice le retranscrit à merveille, avec l’hésitation et l’innocence mais le courage digne de sa situation. J’ai trouvé incroyable la force mentale de cette enfant, qui est en fait commune à tous les migrants ; j’ai compris beaucoup de choses et ça m’a permis de m’éduquer encore plus quant au sort qui est réservé aux personnes étrangères lorsqu’elles viennent pour demander de l’aide.

La façon dont l’autrice a développé ses personnages (surtout les membres de la famille de Jude) m’a énormément touché, et je me suis sentie immédiatement attachée à eux et concernée par leur sort. Le récit est à la fois doux et dur, attachant et violent dans les faits, mais j’ai adoré le message de fond de l’autrice, qui s’adresse surtout aux (petites) filles (et enfants) syriennes et musulmanes en leur transmettant de l’espoir, du courage, leur disant qu’elles sont capables de réussir et qu’elles sont belles. Jude est une source d’inspiration, de bienveillance, et je recommande à toutes et à tous de le lire, rien que parce que la langue anglaise est très accessible, parce qu’il est court mais surtout parce qu’il nous apprend énormément de choses et nous transmet des messages nécessaires.

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