Quel est donc le secret de Pauline, cette jeune femme au teint spectral et dont les yeux expriment une tristesse profonde ? Qui est véritablement le compte Horace de Beuzeval, son étrange époux ? Bien plus, comment expliquer les absences répétées de ce dernier ? C’est à ces questions qu’Alfred de Nerval, l’ami de l’héroïne, se promet d’apporter des réponses lorsqu’il la retrouve enfermée dans un cachot, avec pour seule consolation une fiole de poison.


Une jeune femme est retrouvée enfermée dans le souterrain d’une abbaye avec pour seule compagnie un verre de poison et une lettre. C’est Alfred de Nerval qui la trouve ainsi après avoir vu un homme remonter de ce souterrain et cacher une clé sous une pierre. La jeune femme derrière les barreaux se trouve être Pauline, la femme qu’il a aimé durant des années sans jamais parvenir à lui faire sa demande puisque cette dernière appartient à une classe sociale supérieure à la sienne. Mais comment la jeune femme s’est-elle retrouvée dans une telle situation ? C’est ce que nous découvrons dans ce petit roman d’à peine plus de 200 pages.

Plusieurs récits sont imbriqués ici, contés par trois personnages différents : Alexandre Dumas lui-même, Alfred de Nerval et Pauline. Dans un premier temps, c’est Alexandre Dumas qui prend la parole et s’adresse à nous. Il met en place l’histoire de Pauline et ce qu’il en sait, avant de laisser la parole à Alfred de Nerval. Les deux hommes se rencontrent afin qu’Alexandre puisse en apprendre plus sur l’histoire de la jeune femme. En donnant son point de vue de l’histoire, Alfred vient apporter de nouveaux éléments à l’enquête avant de nous plonger dans le point de vue de Pauline, ce qui viendra apporter les dernières briques pour terminer la fondation de ce mystère qu’elle représente.

La structure peut dans un premier temps sembler un peu complexe, les prises de paroles un peu compliquées à suivre mais j’ai adoré ce format. Le fait d’avancer dans l’histoire au rythme des changements de conteur est très original et très immersif. J’ai une affection toute particulière pour l’écriture d’Alexandre Dumas qui parvient à dénoncer la société dans laquelle il évolue en créant des personnages forts et attachants. Pauline est une jeune femme naïve, engagée trop rapidement auprès d’un homme dont elle ne sait presque rien. Elle fait face à des sentiments qu’elle ne sait pas identifier et se retrouve rapidement confrontée à des situations qui la dépassent. Alfred est un jeune homme qui parvient à passer ses propres sentiments sous silence afin de protéger du mieux qu’il peut la femme qu’il aime. Des personnages touchants, une enquête policière bien menée et le premier roman gothique d’Alexandre Dumas : je ne pouvais que succomber !

quatre
mathilde