Les parents d’Aster ont finalement accepté que leur fils devienne une sorcière et non un métamorphe, contrairement aux autres garçons de leur famille. Aster suit des cours avec sa grand-mère qui lui demande en retour de veiller sur son grandoncle dont les pouvoirs ont presque détruit la famille. Pendant ce temps, Charlie, l’amie d’Aster est aux prises avec de sérieux ennuis… Quelqu’un tente de lui jeter un sort! Avec l’aide d’Aster, elle réussit à échapper à la malédiction, mais tous deux doivent maintenant trouver le responsable avant que d’autres soient victimes du malfaiteur.

 🏳️‍🌈 Personnages secondaires gays

 ✊🏽 Personnages principaux et secondaires racisés

Retrouvez notre chronique du tome 1.


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Kinaye. Merci à Romain pour sa confiance.

Dans ce deuxième tome qui assure parfaitement la continuité du premier, Aster développe ses dons de sorcellerie en essayant de s’intégrer tant bien que mal dans le groupe de filles et femmes qui sont plutôt réfractaires à l’apparition d’un garçon parmi elle ; en effet, cela bouleverse les traditions de leur famille – et la stabilité de leurs croyances. Pour autant, d’autres l’aident à s’améliorer et combler ses lacunes, jusqu’à lui proposer un marché qui réparera les erreurs commises par le passé… Charlie, son amie humaine, suit quant à elle ses propres aventures dans son lycée et fait de nouvelles connaissances. Elle rencontre notamment Ariel, une jeune fille mystérieuse aux pouvoirs sombres qui menacent de l’engloutir. Pour l’aider, Aster et Charlie s’embarquent dans une aventure qui les emmènera loin sur le chemin du pardon, de l’entraide et de la compréhension.

Comme à ma lecture du premier tome de ce roman graphique, La sorcière secrète m’a encore une fois vraiment touchée et apaisée. Premièrement, car l’univers très witchy a quelque chose d’unique ; inspirant et immergeant, on a envie d’être dans cette cuisine pleine d’herbes en tout genre, dans ce salon confortable aux côtés des élèves, dans ce jardin gigantesque au clair de lune ; les illustrations à la douceur automnale nous permettent de nous plonger aux côtés des personnages sans peine. De plus, les personnages sont approfondis et surtout, chaque entité a sa place ; on découvre de nouvelles personnes (notamment Ariel) ou on fait réellement connaissance avec d’autres ; si tous ne sont pas vraiment exploités (je pense notamment aux professeurs et membres de la famille) car l’histoire se concentre sur quelques personnages, ceux qui le sont nous embarquent et nous séduisent. Par leur douceur, leur bienveillance, leur positivité ; que de messages très positifs qui sont partagés dans cette histoire, et c’est ce que j’aime vraiment. En effet, cette capacité qu’a Molly Ostertag à diffuser un message global de bienveillance en mêlant aventure et fantasy est incroyable et surtout, apaisant. Pas besoin de sang, de disputes, de combats.

Pourtant, on ne tombe pas dans la mièvrerie non plus ; des messages super importants sont transmis – l’acceptation de soi et des autres, l’acceptation de la différence, le travail sur soi, savoir s’écouter, savoir accepter le changement, savoir demander de l’aide, savoir oser… pour se sentir bien. Tant de choses qui manquent cruellement au milieu scolaire et enfantin et qui me font dire que cette BD est nécessaire, doit être mise dans les mains de tous et surtout, doit être lue et entendue. Comme j’aime à le dire, cette BD est devenue ma « safe-space » : le livre dans lequel j’aime me réfugier quand j’ai besoin de calme, de confort et d’être rassurée. Je ne peux que vous encourager à la découvrir, pour l’histoire, les personnages, les illustrations – sublimes -, les messages nécessaires qu’elle transmet. Ces messages rythment aujourd’hui mon quotidien et j’essaie d’en imprégner ma façon d’être et mon mode de vie, pour toujours tenter de devenir une meilleure personne.

© Kinaye

J’ai adoré retrouver Aster et Charlie dans leurs aventures magiques ! Dans la lignée du premier, les dessins sont doux et colorés, les idées bienveillantes et les personnages attachants et travaillés. Aster apprend la sorcellerie et s’épanouit comme tel après avoir fait accepter qu’il ne voulait pas être métamorphe. Charlie, toujours aussi positive, est mise en avant et l’on suit son quotidien au lycée, où elle se fait une nouvelle amie, Ariel, à l’humeur bien sombre. Cette dernière pratique la magie, mais avec bien plus de noirceur et sa haine la consume. J’ai aimé le message sur le harcèlement passé par son biais, qui montre que la haine fait des ravages sur soi comme sur les autres, et que seule l’amitié et l’amour peuvent soigner. Il est question de pardon et d’entraide dans ce tome, toujours avec douceur mais plus de maturité dans le raisonnement. Le thème de l’adoption est évoqué un peu rapidement mais cela permet de mettre en avant l’importance de connaitre ses racines pour être soi-même.

On apprend également à connaître un peu mieux la grand-mère d’Aster et son grand-oncle, avec un beau message sur l’amour fraternel, le sacrifice et l’ouverture d’esprit, mais aussi l’un des cousins d’Aster, qui montre que l’on peut faire évoluer les traditions et que le plus important, c’est d’avoir des proches qui nous écoutent, nous comprennent et nous rassurent. Les pages se tournent avec fluidité mais l’on sent que l’histoire avance, sans que la bienveillance ne devienne convenue, tout est tellement naturel ! Pas besoin de violence pour avoir de l’action, c’est l’amour qui est mis en avant. Les valeurs que ce roman graphique partage sont à mettre entre toutes les mains, petits comme grands. J’ai très hâte de lire le troisième et dernier tome qui sort l’année prochaine. Merci à la maison d’édition qui édite cette petite pépite, les ouvrages feel good se font encore trop rares !

cinq
graziella