Sloveig vit de gros changements : elle se sépare de son compagnon, déménage, a une double identité de romancière à succès… Mais son fidèle groupe d’amis l’épaule dans tous ces chamboulements. Quand Erik, disparaît, elle se met en tête de le retrouver… pour se retrouver elle-même ?


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Inceptio. Merci à Ophélie pour sa confiance.

Solveig ne vit pas sur un long fleuve tranquille. Épuisée par un métier qui ne la passionne plus, elle devient une auteure à succès qui maintient son anonymat, même aux yeux de ses ami.e.s. En pleine crise existentielle, elle rompt avec son amoureux et déménage en espérant trouver un nouveau souffle à sa vie. Au milieu de tout ce remue-ménage, elle sympathise avec un inconnu sur le net qui fait preuve d’humour et d’esprit. Les mails d’Erik sont des petites bouffées d’air frais dans son quotidien. À cette vie déjà bien mouvementée, viennent s’ajouter les soucis de coeur, les non-dits et les secrets de ses amis Simon, Elise, Camille et Baptiste. Lorsqu’un deuil commun les secoue, les cachotteries volent petit à petit en éclats… Dans un tiroir, Solveig trouve alors un carnet à la couverture jaune intitulé The White Side dans lequel elle écrit ses pensées et ses sentiments.

Ce nouvel exutoire lui sert de refuge et les pages se noircissent davantage quand Erik disparaît sans laisser de traces… Elle prend alors son courage à deux mains pour retrouver cet homme dont elle ne sait quasiment rien et peut-être, en chemin, se trouvera-t-elle elle-même… La lecture de A Walk on The White Side est particulière sur bien des aspects. Les narrateurs s’enchaînent rapidement. Ce twist de points de vue permet de comprendre les personnalités de chacun au travers des différentes épreuves et situations auxquelles ils doivent faire face. Le lecteur s’égare un peu au début dans le panel des personnages et doit se rappeler des relations passées et présentes entre eux. Une fois le tableau mémorisé, les liens sont forts, intenses, parfois loyaux, souvent complexes. L’écriture est à l’image des pensées des protagonistes : l’aspect brouillon et confus semble parfaitement volontaire, à l’image de ces amis qui errent dans leur tête et dans leur vie.

Néanmoins, le twist final laisse dubitatif. La résolution du mystère entourant Solveig, ses hallucinations, son passé et la disparition de ses proches, contraste fortement avec le reste de la lecture. L’explication défiant la logique et le naturel, bascule dans le paranormal sans que le lecteur puisse réellement l’anticiper, malgré quelques signaux étranges. C’était peut-être finalement la volonté de l’auteure Julia Weber : un objet surnaturel peut surgir n’importe où, n’importe quand, dans les mains de n’importe qui, et mettre sans dessus-dessous la vie de personnes lambdas. À mi-chemin entre un roman très majoritairement contemporain et mystique, c’est un roman en poupées russes, où les intrigues se succèdent et s’emboitent. On ne sait pas vraiment quoi faire de ce climax étonnant. À l’appréciation de chacun.e. C’est un final qui me laisse relativement pantoise.

trois
elodie