Ophélie est aux antipodes des héroïnes de roman ; gauche, rondouillarde, maladroite, peu soigneuse, elle n’a que faire de son apparence et se soucie peu du regard des autres sur sa personne. Mais Ophélie a un don ; elle peut lire l’histoire d’un objet rien qu’en le touchant à mains nues, et peut traverser les miroirs. Ce qui compte pour elle, c’est son musée ; son refuge, le seul endroit où elle se sent bien sur l’arche d’Anima. Malheureusement, elle va y être arrachée, et c’est sa famille qui l’a décidé ; elle doit épouser Thorn, du Pôle, et elle n’a pas son mot à dire. C’est avec l’espoir que tout cela ne soit qu’un rêve et qu’elle se réveillera bientôt qu’Ophélie se résigne à partir. Alors qu’elle arrive sur le Pôle, elle découvre un monde complètement différent de son arche bien-aimée ; froid, distant, dangereux. Les habitants du Pôle détestent Thorn, son fiancé, et la détestent elle par conséquent. Ils sont même prêt à la tuer… Epouser un bigot désagréable, elle s’y attendait. Risquer sa vie à chaque instant ? C’est une autre histoire.


Quelle découverte ! Enfin ! Après avoir entendu tant parler de Christelle Dabos et de la Passe-Miroir, je me suis décidée à découvrir l’univers si prometteur créé de toute pièces par l’autrice qui a remporté un concours d’écriture organisé par Gallimard. J’étais si curieuse et j’avais énormément d’attentes. Résultat ? J’ai été comblée ; les personnages (le point le plus important pour moi) sont incroyables, hauts en couleurs, profonds et drôles, bien travaillés. C’est un régal de les découvrir et de les suivre, de les lire s’entretuer (presque) ou se chamailler, se sauver la vie ou se faire des sales coups ; j’adore tout particulièrement Thorn qui se révèle un grincheux personnage insupportable, comme s’il faisait son maximum pour être haï… mais il nous entourloupe, visiblement, se dévoilant à nous au fil des pages pour finir ce tome 1 sur un cliffhanger qui nous laisse bouche-bée. Ophélie est adorable, absolument réconfortante et réaliste ; j’ai adoré chaque minute de ce livre passé à ses côtés.

L’univers est à la fois féérique et menaçant… l’ambiance change radicalement entre l’arche d’Anima, douce et attirante, la maison d’Ophélie, et celle du Pôle, froide et glaçante, où le mystérieux Thorn a grandi. J’ai eu du mal à me représenter les paysages et décors au tout début, mais ce sentiment s’est vite estompé. En vérité, j’ai surtout eu du mal à accrocher à la plume de Dabos ; à la fois réconfortante, vieillotte, chaleureuse et lourde, j’ai été perplexe dans cette ambivalence et me suis retrouvée brièvement déçue. Heureusement, une fois rentrée dedans, le récit m’a happée. Hop, envolé le sentiment de lourdeur de la plume ! Et j’ai été immergée dans les aventures de notre chère Ophélie, qui n’est malheureusement pas en reste dans ce premier tome. J’ai particulièrement hâte de lire la suite, notamment parce que depuis que j’ai tourné la dernière page du roman, je n’arrête pas d’y penser, et j’ai envie d’y retourner… quitte à relire le tome 1, alors que je ne relis presque jamais mes livres. C’est vous dire à quel point j’ai été séduite.

J’ai trouvé les retournements de situation très fins et arrivant aux moments parfaits ; on sent que l’intrigue est maîtrisée, bien qu’il s’agisse du premier roman de l’autrice. Le seul petit bémol du livre, à mon goût, est qu’il est assez introductif, que l’on est présenté aux personnages et à l’intrigue de façon approfondie pour pouvoir suivre leurs aventures dans les prochains tomes, et que c’est donc longuet par moment. Pour autant, je pense que c’est tout à fait normal, et que c’est un sentiment qui ne persistera pas dans les prochains tomes. En tout cas, j’espère, car je me fais une joie d’acheter le suivant !

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