Yeonmi a 13 ans, sa courte vie est déjà marquée par le désespoir. Elle n’a qu’une solution : fuir son pays, la Corée du Nord. Elle ne se doute pas que le chemin vers la liberté va l’entraîner en enfer… Après des années de privations et de harcèlement, par une nuit glaciale, Yeonmi, 13 ans, et sa mère, réussissent à traverser le fleuve Yalu qui marque la frontière entre la Corée du Nord et la Chine. Elles laissent derrière elles leur pays natal et ses horreurs : la faim, la délation constante et surtout une répression impitoyable et le risque permanent d’être exécutées pour la moindre infraction. Mais leur joie n’est que de courte durée. Rien ne les a préparées à ce qui les attend entre les mains des passeurs. Après plusieurs années d’épreuves inhumaines et un périple à travers la Chine et la Mongolie, Yeonmi atteint finalement la Corée du Sud. À 22 ans, Yeonmi est désormais une combattante : c’est l’une des plus influentes dissidentes nord-coréennes et une activiste reconnue des droits de l’homme.

📣 Autrice Nord-Coréenne

TW : Malnutrition/famine, mort, torture, viols, violences physiques et psychologiques, trafic d’êtres humains


Ce livre est l’autobiographie de Yeonmi, une jeune femme de 27 ans aujourd’hui, qui a fuit la Corée du Nord à l’âge de 13 ans. Yeonmi nous raconte la vie qu’elle a vécu dans ce pays si fermé, la vie de ses parents, mais aussi sa fuite, les deux ans qu’elle a passé en Chine, et les premières années en Corée du Sud. Pour elle, c’est l’occasion de faire connaître la situation du pays qui l’a vu naître, de donner une voix à tous les Nord Coréens qui vivent encore là bas, pour beaucoup dans la souffrance. 

Si vous vous intéressez un peu à l’histoire de la Corée du Nord, vous n’êtes pas sans savoir qu’obtenir des informations sur ce qui se passe à l’intérieur de ses frontières est difficile et dangereux. Chaque journaliste qui s’y déplace est surveillé de près, les images filtrées et détruites si nécessaire, et les visites millimétrées. Ce genre de récit est donc très important, même si dans le cas de Yeonmi, les informations qu’elle nous donne datent des années 90 et 2000. Elle nous raconte la vie d’une famille de la classe moyenne au moment de la famine des années 90, la corruption qui a fleuri dans tous les corps de métier pour survivre un minimum, et le caractère impitoyable du gouvernement envers les délits, allant jusqu’à la peine de mort pour le vol d’une vache. Elle nous raconte également l’impact de la propagande sur sa vie à elle, ses pensées, mais aussi l’impact de l’ancien temps sur ses parents, quand l’URSS et la Chine soutenaient encore financièrement le pays. 

Si cette première partie de l’autobiographie est déjà très intéressante, à mon sens la vraie force de ce récit est la deuxième partie, qui parle de sa fuite vers la Chine, et sa vie sur place. Ça a été une réelle claque pour moi, qui n’imaginait pas du tout ce que les femmes Nord Coréennes pouvaient vivre en tant que clandestines en Chine, et je m’étonne de voir si peu d’articles dessus dans les journaux occidentaux. On parle de trafic d’êtres humains, et comme pour les Ouïghours, rien n’est fait, peu d’informations circulent, et c’est tout bonnement ahurissant. 

Ce livre se lit d’une traite, malgré les thèmes forts et les scènes parfois très difficiles à lire, surtout lorsqu’on se rappelle être face à une biographie, et je recommande à 1000% ce récit. Il permet une remise en question profonde de ce que l’on sait, nous permet de nous interroger sur les actions que l’on peut mener pour aider au mieux les réfugiés, et je pense qu’il devrait être lu par tous. Et si vous n’êtes pas sûr de vouloir vous lancer, Yeonmi a créé sa chaîne Youtube, Voice of North Korea by Yeonmi Park, dans laquelle elle raconte son histoire dans de courtes vidéos de 10 minutes, sur des thèmes divers mais toujours très intéressants. 

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