Afrique, après l’apocalypse. Le monde a changé de bien des façons, mais la guerre continue d’ensanglanter la terre. Une femme survit à l’anéantissement de son village et au viol commis par un général ennemi avant de partir errer dans le désert dans l’espoir d’y mourir. Mais au lieu de cela, elle donne naissance à une petite fille dont la peau et les cheveux ont la couleur du sable. Persuadée que son enfant est différente, elle la nomme Onyesonwu, ce qui signifie, dans une langue ancienne : « Qui a peur de la mort ? ». À mesure qu’elle grandit, Onyesonwu comprend qu’elle porte les stigmates de sa brutale conception. Elle est « ewu » : une enfant du viol que la société considère comme un être qui deviendra violent à son tour, une bâtarde rejetée par les deux peuples. Mais sa destinée mystique et sa nature rebelle la poussent à se lancer dans un voyage qui la forcera à affronter sa nature, la tradition, les mystères spirituels de sa culture, et à apprendre enfin pourquoi elle a reçu le nom qu’elle porte.

✊🏽 Personnages noirs africains

TW : excision, génocide, harcèlement psychologique et physique, sexisme, viol


Une société où la violence est maîtresse

Depuis des siècles, les Okéké sont les esclaves des Nuru. Les premiers sont reconnaissables par la couleur de leur peau noire tandis que les seconds sont clairs. Depuis des décennies, des génocides sont perpétrés par les Nuru. En plus de cette cruelle réalité, les Nuru utilisent le viol comme une arme de guerre. En effet, les enfants métisses nés, sont considérés comme des abominations et leur mère ainsi marquée à jamais, sont répudiées par leurs proches. Ces enfants sont appelés les « Ewu » reconnaissables pour leur couleur de peau caractéristique. C’est d’ailleurs ainsi que l’héroïne de ce roman verra le jour.

Un cast de personnages hétéroclites aux histoires fortes

Onye et Mwita m’ont touchée. Ils partagent un passé difficile semé d’embûches. Néanmoins, le parcours de Onye est celui qui m’a le plus marqué. Elle porte le « double fardeau » d’être une femme (dans une société sexiste aux idées tranchées) et d’être une ewu (enfant issu d’un viol). Après tout ce qu’elle a vécu, sa combativité et son envie de faire évoluer les mentalités en font un personnage remarquable. Luyu, son amie, m’a également plu. Diti et Binta m’ont agacée, mais malgré tout, je trouve que la seconde avait des circonstances atténuantes. Le dénominateur commun entre toutes ces personnages féminins, c’est leur combat pour la liberté. La réflexion qui est faite sur l’excision est savamment réalisée. C’est une pratique, hélas encore présente dans certaines sociétés. Fort heureusement, des campagnes de sensibilisation sont menées régulièrement pour la bannir complètement.

Une intrigue intéressante, mais un peu décevante

L’aspect le plus plaisant se situe au niveau de la construction de cet univers. Les descriptions, le côté mystique et folklorique ont apporté une touche spéciale à cette lecture. C’est à la fois déroutant et curieux d’évoluer dans ce monde, aux côtés de nos héros. À la lecture des premiers chapitres, j’ai rapidement été emballée. J’ai apprécié suivre l’initiation d’Onye à la sorcellerie et la voir dompter ses extraordinaires pouvoirs. Cependant, j’ai été déçue par le « combat final ». J’en attendais beaucoup plus. La dernière confrontation a été légère, et c’était d’autant plus frustrant que c’est la partie que j’attendais avec impatience. Pour la proposition d’un univers atypique, la pertinence des sujets traités, je recommande cette lecture.

trois
awa