1972, Belfast, quartier catholique. Par une sombre nuit de décembre, une mère de famille est enlevée sous les yeux de ses dix enfants. Ils ne la reverront jamais… Pourquoi une femme apparemment sans histoires s’est-elle retrouvée la cible de l’IRA ? Était-elle réellement une moucharde ? Et pourquoi, alors que tout le monde connaissait l’identité des agresseurs, personne n’a rien dit ? En s’intéressant à l’« affaire Jean McConville », Patrick Radden Keefe, journaliste au New Yorker, revisite toute l’histoire du conflit nord-irlandais. Des manifestations du début des années 1960 jusqu’à la vague d’attentats qui a terrorisé tout le Royaume-Uni, en passant par les grèves de la faim de Bobby Sands et des Blanket men, il en révèle les derniers secrets, les zones d’ombre et, surtout, le prix à payer pour les individus.

TW : Meurtres, violence


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Belfond . Merci à Claire pour sa confiance.

Il y a quelques mois, après avoir lu Mon traître de Sorj Chalandon, j’ai eu envie d’en savoir plus sur le conflit nord-irlandais. En amoureuse de l’Irlande, ce pan de l’Histoire m’intéresse forcément. Ne dis rien est, selon moi, le livre qui permet de comprendre toute cette période.

Patrick Radden Keefe revient sur l’origine du conflit entre la Grande-Bretagne et l’Irlande et remonte rapidement jusqu’au XIIe siècle pour montrer à quel point cette division à toujours été présente dans l’esprit des irlandais.

Cette enquête journalistique s’intéresse à la disparition de Jean McConville et à l’engagement de Dolours Price auprès de l’IRA. Elles habitaient à quelques rues l’une de l’autre et leur destin s’est lié une nuit de décembre 72. Jean McConville a été enlevée et assassinée, les restes de son corps ont été retrouvés sur une plage en 2003.

Il se s’agit pas ici d’un roman, d’un thriller ou de quelque chose d’imaginaire. Tout ce qui est écrit a eu lieu et c’est violent. L’auteur prend le parti de rédiger son enquête à travers le témoignage de plusieurs personnes et on comprend très vite l’origine du titre. Ne dis rien. Dans cette atmosphère sombre et dangereuse, se taire semblait être la meilleure des choses à faire.

Ce livre est une claque. J’ai dû le reposer de nombreuses fois, ne pouvant continuer à le lire tellement il me chamboulait. Heureusement, la fin donne une note d’espoir. Peut-être pourrons-nous prochainement visiter une Irlande unie où plus de 300 ans de conflits ne seront que de l’histoire ancienne… l’avenir nous le dira !

cinq
angelique