Si Stella Fortuna veut dire « bonne étoile », alors la vie a un drôle de sens de l’humour. Car dans la famille Fortuna, tout le monde connaît l’histoire de la belle et insolente Stella, qui a refusé d’apprendre à cuisiner, a juré de ne jamais se marier, et a surtout échappé plus d’une fois à une mort certaine.
Depuis son enfance en Calabre, dans les années 1920, jusqu’à sa vie de femme en Amérique, son existence a été ponctuée de situations banales qui, mystérieusement, ont tourné au cauchemar. Stella a quand même été attaquée par une aubergine et éviscérée par des cochons, elle a failli périr noyée dans l’Atlantique et s’est pratiquement vidée de son sang. Pures coïncidences, œuvre d’un fantôme ivre de vengeance ou manifestations du mauvais œil ?

TW : viol, suicide, blessures graves


Chronique réalisée en tout honnêteté en partenariat avec les éditions Presses de la cité. Merci à Mona pour sa confiance.

Les sept ou huit morts de Stella Fortuna est un récit audacieux et inédit. A travers cette histoire d’expérience de mort imminente pour Stella Fortuna, nous passons par de nombreux sujets de société et d’Histoire, notamment l’immigration italienne ainsi que la condition de la femme. Nous suivons Stella Fortuna durant toute sa vie, ce qui fait que nous sommes à même de ressentir réellement son histoire, de connaître les moindres détails de sa vie avec un fil conducteur captivant : ses différentes morts. Il est à noter que le récit est empli d’action grâce à ce découpage en huit parties articulées autour des grands accidents de sa vie. C’est passionnant et captivant, d’autant plus lorsqu’on avance dans le livre et que l’on voit que les « morts » ne servent pas qu’à montrer du glauque et de l’horreur mais davantage à apporter divers messages importants, qui passent en l’occurrence réellement bien par conséquent.

Le ton et la plume sont très intéressants car on a réellement l’impression que Stella Fortuna est la grand-mère de l’autrice à travers les propos de la narratrice. Or, tout est inventé de A à Z dans cette intrigue – hormis le côté historique de la chose – et même la narratrice n’existe pas, il ne s’agit pas d’une biographie de famille. Toutefois, en suivant la vie de Stella de sa naissance à sa mort, on a vraiment l’impression qu’elle a existé. On pourrait toutefois regretter un trop long attardement sur le premier quart du livre où nous n’avons pas vraiment l’impression que les descriptions autour de sa vie ont un réel intérêt.

Enfin, on retrouve de l’ironie tout au long du roman, si ce n’est avec le prénom de notre héroïne qui signifie « la bonne étoile » et qui, pourtant, manque de mourir sept à huit fois dans sa vie. Mais peut-être est-elle chanceuse finalement de survivre malgré tout ? Le récit est parsemé d’humour plus ou moins équivoque et c’est un réel plaisir à lire, d’autant plus que le trait de l’intrigue reste assez noir avec ces histoires de mort et parfois des descriptions très descriptives des accidents.

quatre
lolita