Dans ce pays imaginaire (mais l’est-il tant que cela ?) peuplé exclusivement d’animaux, tout oppose le Nord et le Sud jadis en guerre et désormais séparés par un mur infranchissable : le Rideau de Titane. D’un côté, la dictature, les persécutions ; de l’autre, ce qui apparaît comme la Liberté, la Terre promise. Dans cette amère fable politique, Saakhi et Jin, un couple de pandas, cherchent à se réunir. Mais le monde futuriste d’An-Ahm n’est pas le paradis espéré. La révolution éclate et le destin les porte bientôt à la tête de camps mortellement opposés.


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Kennes. Merci à Ben pour sa confiance.

On ne peut pas s’empêcher de faire ici un parallèle avec notre monde, et c’est ce qui m’a sûrement le plus plu dans cette bande-dessinée. En effet, nous évoluons dans un monde coupé en deux par un « rideau de titane », dans lequel Jin, un panda, tente de rejoindre sa compagne de l’autre côté. Cependant, le monde qu’il découvre est complètement différent de ce à quoi il s’attendait et surtout, des illusions qu’on lui avait vendues de son côté du mur. Il est alors confronté à la violence, la corruption et à une société dirigée par un commanditaire tout-puissant. Evidemment, on distingue bien la position des auteurs sur l’histoire et l’expérience de notre société.

Néanmoins, bien qu’ayant conscience de la pertinence et de l’importance du propos, je n’ai pas adhéré au style graphique : la colorisation est intéressante mais j’ai trouvé les traits trop « violents ». Cela donne un rendu trop fouilli et sanglant pour moi. C’est un avis très personnel mais qu’il est important d’avoir en tête lorsque l’on se lance dans la lecture. J’avoue que cet aspect m’a pratiquement fait décrocher de l’histoire. Pour autant, comme énoncé plus haut, les messages étaient forts et les procédés de dénonciation intéressants. Le fait d’avoir utilisé des animaux comme personnages soutient ces clés de narration : cela amène un questionnement d’autant plus général sur des problématiques sociétales.

© Kennes

Ainsi, je ne peux nier la force et l’importance des messages sous-entendus dans cette bande-dessinée ; les idées sont pertinentes. Mais je ne peux me défaire de la distance que j’ai prise quant à l’identité graphique de l’ouvrage, si nécessaire soit-elle pour soutenir les messages des auteurs.

trois
amelie