Alors qu’ils étaient sur le point de se fiancer, Victor et Esther sont séparés par la guerre ; elle, juive, doit fuir les Pays-Bas, pays envahi par les troupes hitlériennes, et lui est appelé au combat. Un an après la fin de la guerre, ils se croisent par hasard dans un cimetière. Que sont-ils devenus ? Qu’ont-ils vécu ? Ces deux BDs sont un méli-mélo de leurs cicatrices, de leurs souvenirs et cauchemars, de ce qui les hante et les a changé à jamais. Comment exprimer à autrui ce que l’on a déjà du mal à s’expliquer à soi-même ? Comment surmonter la mort injuste de proches ?


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec Dupuis. Merci à Jocelyne pour sa confiance.

Je ne lis pas beaucoup de BD, mais récemment je me suis mise à apprécier ce format ; notamment parce que j’adore me plonger dans les illustrations autant que dans l’histoire. L’histoire d’Eclats puis Cicatrices comporte des illustrations aux tons anciens, un peu passés, et j’ai adoré leur colorimétrie. Les dessins sont simples, assez doux ; ils ne m’ont pas fascinée ni fait craquer, mais je les ai trouvé d’une simplicité pertinente par rapport au récit.

Cependant, à cause de cette simplicité, les personnages n’étaient pas assez distincts à mon sens ; il n’y a que très peu de texte, car la plupart des messages passent par les illustrations. Ainsi, les (multiples) personnages s’expriment peu, et il est difficile de les distinguer par leurs traits de caractère ou leurs personnalités. Puisque les dessins sont simples, les personnages se ressemblent tous beaucoup ; j’ai donc eu énormément de mal à les différencier et les reconnaître, et je dois admettre que ça a beaucoup impacté mon expérience de lecture.

© Dupuis

Passons à l’histoire ; le récit et le ressenti d’un civil lambda qui subit la guerre, son témoignage, ses souffrances, son vécu… Je trouve que c’est une très bonne idée à développer, ne serait-ce que pour se rendre compte des impacts de la guerre sur la population civile. On est pleinement confronté aux méandres de la guerre, et c’est une sensation éprouvante (mais que je trouve très intéressante). Malheureusement, ces deux BDs contiennent beaucoup trop de repères temporels pour qu’on s’y retrouve. En tout cas, je ne m’y suis pas retrouvée ; on passe d’une année à une autre, d’un mois à l’autre, dans un sens et dans l’autre… Pas facile pour prendre ses marques et rentrer dans l’histoire, surtout quand on ne reconnaît pas les personnages… Dernière remarque : l’auteur s’appuie beaucoup sur les illustrations pour faire passer ses messages. Parfois, ça ne reste pas clair et un petit texte pour expliciter ses propos ne serait pas de refus… Mais ce n’est que mon avis !

En bref ; une BD sympa qui retrace la seconde guerre mondiale du côté néerlandais, avec des illustrations douces et simples, mais trop de repères temporels et de personnages non-distincts, ce qui a largement gâché ma lecture. Je recommande quand même aux passionnés d’Histoire, et surtout de la WWII.

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