La vie de Kalliopée, Princesse de Viridia, bascule le jour où son père lui annonce qu’elle doit se marier avec l’héritier de Lapisia afin d’instaurer la paix entre les deux royaumes. Elle découvre que le prince n’est autre que Karel, son premier amour. Mais les retrouvailles ne sont pas aussi réjouissantes que prévues…

TW : viol, violences physiques et psychologiques


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec Cherry Publishing. Merci à Pauline pour sa confiance.

Kalliopée est une jeune femme forte, indépendante, curieuse et pleine de volonté. Elle en est convaincue : un jour, elle changera le monde et participera à l’amélioration de la condition de la femme. Prête à tous les sacrifices pour son peuple et pour enfin instaurer la paix, elle accepte de se marier avec l’héritier du trône de Lapiasia, royaume avec qui les siens sont en guerre depuis six ans. Lorsqu’elle découvre que son promis n’est autre que Karel, son premier et unique amour, elle se remplit d’espoir. Loin d’être naïve, elle a parfaitement conscience que l’homme qui se tient devant elle aujourd’hui n’est plus que l’ombre de l’adolescent qu’elle a aimé. Mais dans son optimisme et sa détermination, elle compte néanmoins sur leurs sentiments passés pour faire régner la paix. Malheureusement, sa nouvelle vie est parsemée d’embûches, de doutes et de dangers. Karel se révèle être un homme impitoyable et colérique… Il lui fait vivre un véritable enfer.

Kalliopée et Karel sont des protagonistes aussi complexes qu’incroyablement bien construits. La puissance de ce roman réside pleinement dans leur psychologie sinueuse. La violence de leurs sentiments et la droiture de leur devoir rythment leurs vies et leurs décisions. La grande d’âme de la princesse n’a d’égal que l’abysse du coeur de Karel. Constamment tiraillés, souffrant à chaque instant, les deux héritiers portent en eux des croix et des fardeaux bien trop lourds pour eux. Ils implosent à chaque page et ne parviennent pas à communiquer. Le courant entre eux dépasse l’électrique. C’est une véritable bombe à retardement : reste à savoir si la haine prendra un jour le dessus sur l’amour ou non.

Car oui, que cela soit bien établi : le premier tome de Kalliopée n’est pas une histoire d’amour. Ce n’est qu’une toile de fond pour tisser une étendue sombre et fascinante de personnages diablement humains. C’est là toute la force de ce roman et d’où il tire sa noirceur. La tension incroyable qui s’installe à chaque chapitre le rend totalement addictif. Et ce n’est qu’un début… Vite, le seconde tome !

elodie

Je ne savais pas trop ce que j’espérais en me plongeant dans cette lecture mais : quelle surprise ! Je vous avoue, j’ai été attirée par l’univers « royal » qui se dégageait de la couverture, et du résumé. Mais ne vous méprenez pas, ce n’est pas une histoire d’amour éclatante, avec une « fin heureuse », on est loin du conte de fées… Pourtant, j’ai complètement été happée par ma lecture, et par la plume de Koko Nhan.

Une princesse qui n’a pas froid aux yeux

La première chose que l’on remarque chez la princesse Kalliopée sont ses yeux : ils sont vairons et, de fait, attisent la peur parmi ses sujets. Depuis son plus jeune âge, Kalliopée a entendu toutes les insultes possibles, les légendes aussi… Elle a su se créer une carapace mais cette carapace s’effrite progressivement dès son arrivée à Lapisia, terre de son futur époux, le prince Karel. Lapisia est en tout point différent de Viridia, ces deux royaumes en guerre et dont ce mariage (plus une union diplomatique quand même) devrait pouvoir apaiser les souffrances des deux côtés. Pourtant, l’arrivée de Kalliopée est compliqué, et Karel n’est plus le jeune homme qu’elle conservait dans ses souvenirs : devenu impulsif, violent. C’est « la douche froide » pour la jeune femme qui se rend compte qu’elle est absolument seule dans ce royaume, loin de ses proches. Mais Kalliopée possède un rêve, qui l’anime et l’habite férocement : celui de faire changer les choses, que sa place compte dans l’Histoire, même si elle est une femme. Car Kalliopée s’est sacrifiée pour cette paix, pour un retour au calme… Mais peu de personnes semblent réellement en prendre conscience.

Réflexion sur la condition féminine

Koko Nhan offre une réflexion sur la condition féminine particulièrement intéressante, et très claire. Dans cet univers, la moindre erreur commise par les hommes est payée par leurs femmes. Koko Nhan montre l’absurdité de ce système et pointe son injustice. Kalliopée, plus que quiconque, souhaite faire changer les mentalités, souhaite un monde plus libre, plus ouvert pour les femmes : quelque chose de meilleur, tout simplement. Cette réflexion sur la condition féminine jalonne le récit et lui donne un véritable rythme puisque, même si les conditions sont loin d’être idéales, Kalliopée est la porte-parole de cette condition féminine, elle l’incarne pleinement, dans sa façon de répondre au prince, de se défendre, de se battre. Elle ne garde pas sa langue dans sa poche, ne baisse jamais le regard et fait toujours ce qui lui semble être le mieux.

Une histoire d’amour… quand même présente

Koko Nhan nous plonge dans une histoire d’amour qui est complexe car les deux personnages principaux le sont. Lorsqu’ils sont ensemble, Kalliopée et Karel nous donnent un mélange explosif, des étincelles jaillissent des pages (je n’exagère pas !). Il leur faut du temps pour s’apprivoiser, pour se retrouver. Pourtant, cela fonctionne car ils sont le pendant de l’un, comme de l’autre. Quand Karel se montre impulsif, impétueux, Kalliopée, elle, est calme et réfléchie. Ils se complètent et j’ai beaucoup aimé voir leur relation évoluer au fil des pages. Cependant l’histoire d’amour n’est pas au centre même de cette intrigue, on comprend bien vite que Koko Nhan tisse une toile de fond politique, avec des enjeux et des conséquences non négligeables… La suite s’annonce plus sombre mais j’ai hâte de pouvoir la lire !

Un petit point en plus

Je tiens à souligner la nécessité de mettre quelques TW au début de cette lecture. Non que le texte soit « violent » mais il y a certains thèmes abordés qui peuvent être désagréables à lire… Heureusement que ma camarade était là pour me prévenir concernant certaines choses, et même ainsi j’ai dû lire en diagonale certains passages. La sensibilité de chacun.e entre en jeu, je le sais, mais il serait intéressant de préciser ces TW pour qu’on sache à quoi s’attendre.

quatre
lilie