« Que Dieu me pardonne, je détestais l’Alabama. Je le haïssais ! L’Alabama était le pays où toute la misère du monde avait choisi d’élire domicile. C’était le pays où se donnaient rendez-vous toutes les haines, toutes les iniquités, toutes les bassesses humaines. Aucune région du globe ne mettait un tel point d’honneur à annihiler la vie d’un homme, à le rabaisser, à lui faire courber l’échine jusqu’à le contraindre à ramper à terre, éreinté, vaincu. Et, pour tous ceux dont le malheur était de ne pas avoir la peau claire, l’Alabama était tout cela aussi, en pire. Pour eux, il déployait tout son ignoble talent, il déchaînait toute sa noirceur contenue, toute sa dureté réfrénée. Oh oui ! Pour eux, l’Alabama se surpassait. « Il n’y a rien de pire au monde, ni de plus éprouvant pour un homme, que d’être pauvre. Excepté le fait d’être un nègre, naturellement » , disait mon père. Ô combien il avait raison ! »

✊🏾 Personnages noirs afro-américains


J’ai longtemps hésité à faire une chronique sur cette lecture. Vous savez, Alabama fait partie de ces romans qui vous touchent profondément et que vous souhaitez garder précieusement quelque part en vous. Le genre d’œuvre, dont on a peur de ne pas trouver les bons mots pour en parler à travers une chronique. C’est l’état d’esprit dans lequel je me trouve en posant ces mots. J’espère que peut-être parmi vous, des personnes auront envie de le lire pour se faire leur propre idée.

Alabama nous livre une intrigue qui se dévoile sous deux périodes. La première se situe à notre époque. Will et Lindsay sont invités à l’enterrement de Trent Chestwood, un écrivain célèbre. Là-bas, ils sont accueillis par les enfants de ce dernier qui leur remet le dernier manuscrit de leur père. Surpris, Will accepte. Il se plonge dans les pages de cette autobiographie qui va nous transporter au cœur d’un Alabama ségrégationniste des décennies plus tôt.

Dans ces mémoires, on découvre une période difficile où le jeune Trent de race blanche va coucher ses expériences sur sa vision de cette époque. On découvre à travers ces yeux innocents, un enfant qui ne jugera pas par la couleur. J’ai été bouleversée par ses réflexions, ses désillusions et ses regrets. J’ai apprécié le personnage de Toby pour sa clairvoyance et son trait d’esprit. J’aurais aimé rencontrer ce garçon d’une grande sagesse. C’est le personnage qui m’a le plus marqué.

Ce roman est bouleversant, et riche d’humanité. Je n’ai pas les mots pour le décrire. La plume d’Alexis Arend a le pouvoir de nous transporter dans l’ambiance de cette époque. J’ai souri, pleuré et j’ai été scandalisé par certaines situations. J’avais cette envie irrépressible de prendre Trent et Toby dans les bras. De les rassurer. J’aurais tellement aimé trouvé les mots pour vous donner envie de le lire. Dépassez vos préjugés, vos doutes, et lisez-le. Ce roman poignant mériterait d’être dans toutes les librairies du monde.

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awa