U.S.A, East Harlem, New York. Novembre 2005. Malcom «Malek» Brown est noir, pauvre et musulman. Sorti de prison, il survit dans une Amérique hostile aux musulmans après avoir été hostile aux «nègres». Alexander Birke a connu la Shoah, il est vieux et passionné d’échecs. Ces deux hommes que tout sépare vont pourtant se rencontrer dans une chapelle de Harlem, où le premier est technicien de surface et le second amateur de Gospel.

✊🏽 Personnages noirs, musulmans et juifs


Chronique réalisée en toute honnêteté en partenariat avec les éditions Kennes. Merci à Ben pour sa confiance.

J’ai commencé cette BD avec ravissement. De belles illustrations, un ouvrage de qualité et des personnages racisés, cela ne pouvait que fonctionner non ? Spoiler alert : ce n’est pas le cas. Cela a même été tout le contraire. Le plus gros problème : la représentation des personnages musulmans qui est une vraie catastrophe. Dès les premières planches, une première « erreur » saute aux yeux. Il s’agit du personnage principal qui, entendant l’appel à la prière, se met à prier et cela en commençant par la prosternation. Or, la prière en Islam commence toujours par une session debout et la prosternation n’est que la troisième étape. Un minimum de recherche aurait suffit à pallier cette incohérence.

Ensuite, nous avons une femme voilée qui après une rupture enlève son voile et part, boucles au vent, « libre » et loin de son ex-conjoint. Et on ne peut que se demander pourquoi faire rimer voile et oppression et donc associer le fait de l’enlever à une libération ? Pourquoi ce jugement de ce qu’est le voile et de ce qu’il signifie ? Toujours pour ce même personnage, on découvre qu’elle a avorté ce qui est interdit en Islam (sauf dans certains cas). Et encore une fois on se demande pourquoi faire agir un personnage en contradiction évidente avec sa foi ?

© Kennes

Mais, cela ne s’arrête pas là ! Le personnage principal musulman boit ensuite de l’alcool juste après sa prière (la consommation d’alcool étant interdite de manière formelle en Islam) et il a des relations sexuelles hors mariage ce qui est aussi en contradiction avec sa religion. Et enfin, une histoire racontée dans la culture musulmane et très connue par les musulmans a été déformée jusqu’à prôner l’inverse de la morale de base, bafouant ainsi un principe essentiel de l’islam. Cette BD enchaîne donc erreur sur erreur avec la représentation des personnages musulmans ce qui la rend inintelligible car pourquoi baser son intrigue sur une religion dont on ignore tout ?