Léopoldine n’arrive pas à faire le deuil de son premier amour. Avec le soutien inattendu de Marie et le séduisant Alex, elle va essayer de remonter la pente et réapprendre à vivre…

TW : violences physiques et psychologiques, deuil et drogues


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec Cherry Publishing. Merci à Pauline pour sa confiance.

Malo ne reviendra plus et sa copine depuis des années, Léo, n’arrive pas à affronter cette épreuve. L’amour de sa vie et la seule personne qui comptait réellement pour elle a disparu. Face à la violence de son absence, elle ne trouve pas la force de tourner la page. Marie, pétillante copine de classe, va être présente dans ce moment difficile. Alex prend ses distances avec son amie Léo, alors qu’elle aurait eu besoin de lui. Le jeu de « fuis-moi je te suis » avec la jeune femme la rend folle d’incompréhension. Alex fait rapidement comprendre à Léo qu’elle n’est pas une fille ordinaire et que pour la protéger, il doit rester loin d’elle. Mais la tentation est grande et particulièrement électrique… Les bras d’Alex sont-ils la promesse d’une rédemption ou entraineront-ils Léo dans les abimes ?

L’intrigue de Cyclone regorge de petits recoins pleins de surprises, parfois bonnes, parfois mauvaises. Léo a fermé les yeux sur les violences qu’elle a subi sous prétexte de l’amour aveugle et passionné qu’elle portait à son compagnon. Néanmoins, et c’est ici le premier reproche, elle ne semble pas trop traumatisée par ce vécu pourtant brutal. Même lorsqu’elle prend la réalité en pleine tête, elle semble balayer ce passé d’un revers de la main et passer à autre chose. Davantage obnubilée par Alex, Léo passe outre ses blessures avec une aisance plutôt déconcertante. Comme si pleurer trois mois sous sa couette en se sous-alimentant suffisait pour reprendre sa vie en main.

Sous les traits d’un certain Théo, l’addiction à la drogue est abordée de la même manière : une fois actée, la narration passe à autre chose sans spécialement revenir dessus. Les violences physiques, psychologiques, le deuil et l’addiction sont des sujets graves et sérieux que les personnages semblent surmonter avec peu de séquelles. La remise en question et le travail que Léo aurait du faire pour se réapproprier sa vie, sont passés sous silence. Autre reproche : le récit est truffé de clichés. Alex incarne le stéréotype du beau jeune homme au physique charmeur, qui enchaine les conquêtes. Il est torturé, froid et inapprochable et donc, incarne un fantasme classique pour la gente féminine. Léo est une jeune femme timide, réservée, un peu en chair, pudique qui manque de confiance en elle.

Le duo Alex-Léo reprend sans grande surprise, le schéma facile de la romance lambda. Marie est une fêtarde dont la liberté ne cache que la volonté d’être aimée, les employés travaillant dans les boites de nuit sont superficiels, garces et « filles et garçons faciles »… Autant de raccourcis scénaristiques qui auraient mérité d’être dépoussiérés. Pourtant, la lecture reste fluide et agréable. Et en dépit de ces couacs qui peuvent rebuter, on sent une réelle volonté de l’autrice de mettre un coup de projecteur sur un sujet important : la violence faite aux femmes. Aussi honorable soit la thématique, elle a seulement effleuré les tenants et aboutissants qu’elle implique. La bonne volonté manque de profondeur. Il fallait selon moi, choisir entre un sujet lourd et compliqué et une histoire d’amour banale, mais bien ficelée. Le résultat final reste tout de même maladroit, mais sympathique.

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elodie

Un début un peu difficile pour moi. J’ai détesté le caractère et le comportement agressif de Léopoldine, le personne principal, que ce soit envers son ami Marie ou envers Alex, le protecteur de l’ombre comme il est si joliment appelé. En tournant les premières pages, j’ai soupiré quelques fois… Et l’attitude de Léo, au départ en tout cas, m’a un peu exaspérée… Mais plus les révélations arrivaient, et plus j’apprenais à l’apprécier et à la comprendre. Mes craintes face à la suite de l’histoire se sont alors doucement dissipées.

Il faut dire que j’ai été extrêmement surprise par la tournure des événements. En lisant le résumé, je ne m’étais pas du tout attendue aux différentes révélations et aux différents thèmes abordés (voir TW). C’est peut-être cet étonnement qui m’a au départ bloqué. Je m’étais faite une idée sur certains personnages comme Alex et Malo qui se trouvait être complètement erronée, et l’histoire à vite pris un tournant plutôt sombre que je n’avais pas imaginé. Mais une fois ce temps d’adaptation passé, j’ai réussi à laisser mes premières (mauvaises) impressions de côté et j’ai pu apprécier cette romance entre Alex et Léo qui, ensemble, apprennent à se reconstruire après un passé pour le moins lourd et compliqué. Et j’ai aimé suivre cette reconstruction ! Mais le gros point positif de ce roman a été pour moi la relation fraternelle d’Alex et de Théo, son petit frère. Leur relation est complexe et parfois sombre mais très intéressante, très touchante, et je l’ai presque préféré à la romance principale.

Il faut quand même noter je pense que les réactions des personnages et les événements sont parfois assez gros, assez clichés, apportant par moment un peu de lourdeur au récit. Ça ne m’a pas vraiment dérangé mais je pense que ça pourrait déplaire à certains. De plus les révélations, bien qu’inattendues pour la majorité, peuvent aussi par moment paraître un peu too much. Mais l’auteure parvient à leur donner sens, à les faire concorder entre elles et à offrir un récit d’une grande fluidité. J’ai d’ailleurs lu les 300 pages de ce roman en seulement quelques heures, c’est pour dire !

Je peux donc finalement dire que, malgré le fait que le résumé m’ait un peu déboussolée au départ, j’ai tout de même passé un bon moment avec ce roman et ce en grande partie grâce à Théo. Cependant, attention aux sujets évoqués dans cette romance !

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mathilde