2059. Paige travaille pour une organisation criminelle souterraine dans les rues de Scion-Londres, où elle récolte des informations en pénétrant dans l’esprit des gens. Car Paige est une marcherêve, une clairvoyante, et selon les règles de Scion, son existence même est déjà une trahison. Poursuivie puis arrêtée, elle est déportée vers une colonie pénitentiaire sur l’ancien territoire d’Oxford secrètement occupé par les réphaïm, une race venue d’un autre monde qui récolte et utilise les clairvoyants à ses propres fins. Paige se retrouve assignée au mystérieux gouverneur Arcturus. Celui-ci devient son maître. Son formateur. Son ennemi naturel. À ses côtés, elle va devoir apprendre à développer son pouvoir pour servir ses ravisseurs, mais surtout pour s’échapper de ce sinistre endroit où elle semble promise à une mort certaine…

TW : violence, sang


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions De Saxus. Merci à eux pour leur confiance.

Ce roman est une grosse révélation. La dystopie est un genre qui a souvent le défaut de proposer des intrigues et constructions similaires. Ici, Samantha Shannon mêle la dystopie avec la science-fiction et le résultat fonctionne à merveille : on obtient un récit original et surprenant qui place clairement The Bone Season dans la catégorie des dystopies qui auront su se distinguer au sein du genre. Cet aspect l’a rendu extrêmement addictif : l’histoire est tellement inédite et prenante que l’on se prend au jeu des mystères et des révélations qui surviennent au cours des pages.

On ne pourra pas reprocher à Samantha Shannon de tomber dans la facilité et le déjà-vu : son univers et son intrigue sont complexes, c’est indéniable. C’est un roman qui demande une certaine concentration et un certain investissement dans la lecture, dans la mesure où l’univers proposé est foisonnant de détails et la trame narrative tout sauf linéaire. Pour autant, grâce à la plume incroyablement maîtrisée de l’auteure, le récit reste largement accessible et agréable. Samantha Shannon n’a pas eu peur de se confronter à une forme de magie inventée de toutes pièces et de lier cet aspect au domaine du subconscient, un domaine qui n’est que très peu représenté dans ce genre de littérature. C’est ambitieux mais parfaitement exécuté.

De plus, la construction des personnages est intéressante et nous réserve de belles évolutions pour la suite de la saga. Paige est une héroïne attachante et marquante dont les réflexions et expériences sont intelligemment remises en perspective. Toutes les figures qui gravitent autour d’elle soutiennent l’intérêt de l’histoire et j’ai aimé l’élaboration des relations entre Paige et tous ces autres personnages ; elles possèdent une réelle profondeur. Particulièrement, j’ai aimé le fait que l’auteure ne tombe pas dans le cliché de la relation « ennemies to lovers » en nous proposant encore une fois quelque chose d’assez inédit concernant la romance qui se dessine dans ce premier tome.

L’apport non négligeable de cette version enrichie est la nouvelle La Rêveuse pâle qui se trouve à la fin de l’ouvrage et constitue une passerelle entre le tome 1 et le tome 2. On a alors accès à un texte supplémentaire au sein d’un même volume et c’est appréciable, d’autant qu’il s’agit réellement d’un bout de l’histoire de notre héroïne. Un bon moyen de faire une transition avec la suite, en somme ! Je tiens donc à souligner le travail éditorial absolument brillant des éditions De Saxus sur ce titre. Il a participé au coup de cœur que j’ai eu pour ce roman, dont il me tarde de découvrir la suite !

coup de coeur
amelie