C’est l’histoire de… Tori. Michael. Becky. Lucas. Charlie. Et de l’année où tout a changé.

– Mais t’es qui, toi ?
Il se fige devant moi et annonce d’une voix caverneuse :
– Je m’appelle Michael Holden.
Michael Holden.
– Et toi, qui es-tu, Victoria Spring ?
Je ne trouve rien à répondre, parce que c’est précisément ce que je répondrais : rien. Je suis du néant. Du vide. Je ne suis rien. Soudain, la voix du proviseur retentit et je me tourne vers le haut-parleur. Quand le silence revient, je baisse le regard et la salle est vide. J’ouvre mon poing et dans ma main, il y a le Post-it SOLITAIRE.CO.UK. Je ne sais pas à quel moment il est passé de celle de Michael Holden à la mienne, mais c’est un fait. Ça doit être là que tout a commencé.

🏳️‍🌈 Personnage secondaire gay, autrice queer

🧠 Personnage principal souffrant de dépression, personnage secondaire souffrant de troubles du comportement alimentaire (anorexie)

TW : Suicide (intention, référence à des tentatives), mutilations, dépression, troubles du comportement alimentaire (anorexie), troubles obsessionnels compulsifs, homophobie, misogynie et validisme/psychophobie


Solitaire est l’histoire de Tori Spring, une lycéenne qui a peu d’amis, qui n’aime pas vraiment sortir et préfère rester chez elle, et qui s’inquiète pour son frère, son avenir à lui, à elle.

Ce livre n’est clairement pas fait pour vous si vous cherchez une lecture feel good, mignonne, qui met de bonne humeur. Dans Solitaire, on découvre la vie d’une jeune fille souffrant d’une dépression non diagnostiquée, et qui tente tant bien que mal de surmonter ça en faisant de l’autodérision et un caractère de cochon. C’est un livre sombre, mais qui reflète la vie d’énormément de lycéens qui vivent mal leur adolescence. Et malheureusement, elle est jugée par les autres pour ces faits.

Alice Oseman nous fait découvrir une jeune fille triste, mais qui ne souhaite pas changer pour les autres. Elle est comme ça, et alors ? Elle n’a à se forcer pour personne, et préfère être seule que fausse. J’ai beaucoup aimé cet aspect, parce qu’il est commun de dire qu’on va bien alors que tout va mal, tout simplement parce que c’est « normal » de le faire. Elle, elle montre clairement qu’elle va mal, même si elle ne le voit pas comme ça, et tant pis si les gens la rejette pour ça. C’est également édifiant de voir que même avec son mal être sous le nez, les gens (ses amis, ses parents) préfèrent lui reprocher son humeur que de chercher à comprendre pourquoi. Un pied de nez aux « Mais tu semblais aller si bien, tu ne nous as jamais dit que tu allais mal » qu’une personne dépressive entend 95% du temps lorsqu’elle ose enfin parler. Ici, c’est clair, limpide, mais son entourage préfère l’ignorer.

Ce livre peut être lu seul, mais je vous conseille tout de même de lire les autres livres d’Alice, afin d’avoir la bonne chronologie. Elle peut être trouvée ici, et vous permettra d’avoir une bonne idée de ce qui s’est passé avant ce livre, même si Solitaire est le premier roman d’Alice. Cela vous aidera notamment à comprendre certaines réactions de Tori envers Charlie ou ses parents.

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