« Le contraire de « raciste » n’est pas « pas raciste ». C’est « antiraciste ». […] Quel est le problème avec le fait d’être « pas raciste » ? C’est une affirmation de neutralité : « Je ne suis pas raciste, mais je ne suis pas non plus agressivement contre le racisme. » Il n’y a pourtant pas de neutralité dans la lutte concernant le racisme. […] Soit on soutient l’idée d’une hiérarchie raciale en tant que raciste, soit celle d’égalité raciale en tant qu’antiraciste. Soit on croit que les problèmes trouvent leurs racines chez des groupes de gens, et on est raciste, soit on situe les racines de ces problèmes dans le pouvoir et la politique, et on est antiraciste. Soit on permet aux inégalités raciales de se perpétuer, et on est raciste, soit on combat les inégalités raciales, et on est antiraciste. Il n’existe pas d’entre-deux. »

TW : racisme


Chronique réalisée en toute honnêteté suite à un partenariat avec les éditions Alisio. Merci à Eugénie pour sa confiance.

J’ai dévoré cet essai traitant du racisme et de la lutte contre les discriminations malgré son nombre de pages conséquent. Et cela grâce à l’écriture fluide de l’auteur et sa capacité à vulgariser et à expliquer des sujets complexes. En effet, l’auteur décortique sa réflexion de manière à la rendre intelligible et prend le temps d’expliciter chaque point. Les définitions claires à chaque début de chapitre permettent d’éviter toute confusion sémantique.

De plus, l’antiracisme est abordé sous plusieurs prismes différents dont certains peu habituels dans notre société française. Le point de vue américain sur la notion de “race” en tant que construction sociale et l’utilisation des statistiques ethniques est particulièrement intéressant. L’auteur s’appuie sur des études chiffrées ce qui rend son argumentaire d’autant plus probant. 

Cet essai m’a permis d’approfondir ma réflexion sur le thème de l’antiracisme et m’a fait réfléchir sur des facteurs auxquels j’accordais moins d’importance. Bien que l’Histoire et la société étasunienne soient différentes des nôtres, cela n’empêche pas pour autant à une grosse partie de l’essai de trouver écho en France.    

À la croisée entre sociologie, histoire et science politique, ce livre permet aussi de découvrir le travail de permanente déconstruction de Ibram X. Kendi et de nous encourager dans le nôtre. Il met aussi en exergue l’importance de la remise en cause de ses prénotions et des préjugés intériorisés. C’est un livre coup de poing qui ne laisse pas de place à la complaisance, à la mauvaise volonté, à l’excuse facile et à la passivité. L’auteur nous pousse en effet à nous éduquer et à ne plus nous cacher derrière notre ignorance.

Finalement, il s’agit d’un essai fort, pertinent et nécessaire pour mieux comprendre les enjeux et les défis de la lutte contre le racisme en tant que système de domination collectif et de pensée individuelle.