« Après avoir fui Lapisia, de crainte de ne voir son enfant servir de pion, Kalliopée rentre à Viridia. Le retour ne se fait pas sans mal car l’absence de Karel lui pèse. Mais à son arrivée, on lui offre une opportunité qu’elle pensait ne jamais avoir : montrer ce dont elle est capable. Mais parviendra-t-elle à garder ses convictions secrètes dans l’espoir d’être couronnée ou ne pourra-t-elle pas rester indifférente au sort des minorités qu’elle croisera sur sa route vers le trône ? »

Retrouvez la chronique du tome 1 et 2.


Une Princesse mise à rude épreuve

Kalliopée est enfin de retour chez elle. Elle ne savoure qu’à moitié la verdure flamboyante de son pays natal : le fantôme de Karel la hante à chaque instant et la Princesse semble sombrer dans la folie. Malheureusement, ses compagnons de route lui font comprendre que le temps n’est pas aux larmes car d’autres obligations l’attendent : la naissance de son enfant et la conquête du trône de Viridia. Malgré ces difficultés qui lui demandent encore de la force et du courage, Kalliopée peut toucher du bout des doigts son objectif de toujours : régner pour faire évoluer les mentalités et les moeurs, obtenir justice et égalité pour les femmes et les sang-mêlés. Kalliopée va une fois de plus, affronter bien des épreuves et comprendre à qui elle peut ou non faire confiance. La future Reine doit être à la hauteur de ce nouveau rôle qu’elle a préparé toute sa vie. Le plus grand dilemme sera de choisir entre son devoir et son amour pour Karel…

Des arcs narratifs un peu redondants, mais passionnants

Globalement, ce troisième et dernier tome comporte quelques répétitions narratives, présentes dans les deux premiers volets. Les attentes vis à vis de Kalliopée sont grandes, omniprésentes et elle n’a jamais le temps de souffler. Elle jongle désormais avec tous les rôles possibles : paria, Princesse de deux pays ennemis, avenir de son peuple, mère… Les trahisons, les faux-amis et les petites lueurs d’espoir rythment sa vie et les intrigues du roman. Néanmoins, la lecture reste trépidante, le récit, tout comme Kalliopée, ne connait pas de temps mort : les éclaircies ne durent jamais. Les rebondissements sont maitrisés jusqu’à la fin. L’écriture est fluide et aussi addictive que les tomes précédants.

Les mêmes soucis de communications

Le seul point négatif de toute cette saga découle des non-dits entre les personnages. La grande majorité des problèmes et des disputes (notamment entre Kalliopée et Karel) sont le résultat d’une mauvaise communication, des secrets, des conversations remises à plus tard, qui ne font que gangréner les crises de nerfs et les mauvais caractères des protagonistes. Nul doute que s’ils avaient accepté de communiquer réellement et en toute transparence, de se faire confiance et de cesser de remettre en question les questions de l’autre à la moindre faille, leur relation aurait pu être encore plus forte et plus intense. Malgré tout, le couple princier était fait pour être explosif dès le départ. La violence de leurs caractères et de leurs sentiments ne pouvaient pas aboutir sur de longs fleuves tranquilles.

Une trilogie incroyable

Ainsi s’achève les aventures de Kalliopée et de Karel : avec passion, dévouement et fracas. Koko Nhan vient de mettre le point final à une trilogie sensationnelle, qui réunit tous les ingrédients pour maintenir le lecteur en haleine jusqu’à la fin. C’est passionnant de la première à la toute dernière page. Pour ma part, c’est un gros coup de coeur en dépit de quelques défauts.

elodie